Giroud: le Ministère public sollicite la détention provisoire

L'encaveur Dominique Giroud, un hacker professionnel, un détective privé et un autre suspect ont été arrêtés mercredi matin dans le cadre de l'affaire des piratages informatiques.

12 juin 2014, 19:07
Dominique Giroud a été arrêté mercredi matin.

19:02 Dominique Giroud et les trois autres suspects passeront la nuit en détention.

"Le Tribunal des mesures de contrainte statuera dans les 48 heures après la saisine du Ministère public. En attendant, les quatre suspects seront maintenus en détention", précise Patrick Becker du Ministère public genevois.

18:39 Détention provisoire demandée pour les quatre suspects.

Le Ministère public genevois communique: "Dominique Giroud et les trois personnes soupçonnées d'avoir, à sa demande, piraté les ordinateurs de journalistes, ont été entendus par le procureur général Olivier Jornot et la procureure Josepha Wohnrau, en qualité de prévenus principalement de soustraction de données (article 143 du code pénal). Pour mémoire, cette disposition institue un crime passible de 5 ans de peine privative de liberté.
A l'issue des audiences, le Ministère public a décidé de solliciter du Tribunal des mesures de contrainte la mise en détention provisoire des quatre prévenus. Il se fondera à cet égard sur le risque de collusion, les déclarations des prévenus étant à maints égards incompatibles, notamment en ce qui concerne l'implication du service de renseignement de la Confédération.
Aucune information supplémentaire ne sera donnée à ce stade.

 

18:18 Dominique Giroud attaque le Walliser Bote.

Selon nos sources, Dominique Giroud demande d'importants dommages et intérêts au Walliser Bote suite à la parution d'un article. Thomas Rieder, rédacteur en chef du titre haut-valaisan confirme les faits mais ne souhaite pas communiquer davantage notamment par rapport au montant demandé. Selon nos informations, ce montant serait élevé.

 

16:36 Alors qu'il figurait encore ce matin parmi les sponsors du Lausanne Hockey Club, le logo de Giroud Vins a disparu du site internet dans l'après-midi.

Le Lausanne Hockey Club a préféré enlever le logo Giroud Vins de sa liste de sponsors. Alors qu'il était encore présent sur la plateforme internet ce matin, le logo a disparu un peu plus tard dans l'après-midi. Maïque Perez, responsable communication du club de hockey a dans un premier temps expliqué que c'était parce que le contrat était arrivé à échéance. Aujourd'hui comme par hasard? "Nous avons assumé jusqu'à maintenant. Là c'est devenu un peu trop compliqué. Je ne souhaite pas en dire davantage surtout que nous sommes en discussion avec d'autres partenaires". Giroud Vins ne sera plus associé au LHC? "Ca risque bien de changer", répond Maïque Perez.

15:29 Interview d'Isabelle Graber, suppléante du chef de la communication au service de renseignement de la Confédération (SRC)

Votre commentaire sur l’arrestation de l’un de vos agents dans le cadre de l’affaire Giroud?

Nous étions au courant de l’enquête lancée par le Ministère public genevois. Raison pour laquelle nous avions déjà informé le Département de la défense et les autorités de surveillance dont la délégation de la commission de gestion du parlement fédéral.

L’agent soupçonné a-t-il été licencié ?

Non, car il bénéficie de la présomption d’innocence. Il est toujours sous contrat avec le SRC mais il a été libéré de ses fonctions durant l’enquête.

L’agent avait-il un mandat de la SRC en relation avec l’affaire Giroud?

Notre service n’est en aucune manière lié à l’affaire Giroud. Il n’y a jamais eu de quelconque mandat du SRC dans ce dossier.

De manière générale, la SRC a-t-elle mandat d’enquêter sur d’éventuelles fuites au sein de l’administration fédérale ?

Non. Nos missions ont trait, par exemple, au terrorisme. Il n’y pas d’instance officielle qui enquête sur les fuites au sein de l’administration fédérale. Ces problèmes sont réglés au sein de chaque département.

 

13:40 L'Interprofession valaisanne de la vigne et du vin réagit. "Nous avons renforcé la surveillance de nos ordinateurs"

Yvan Aymon, porte-parole de l'Interprofession valaisanne de la vigne et du vin (IVV) a appris avec étonnement l'arrestation de Dominique Giroud. "Cette histoire, c'est Chicago ! Piratage informatique, détective privé, espion, mais où est-ce que cela va s'arrêter?" Malgré sa surprise, Yvan Aymon et ses troupes avaient anticipé la situation et renforcé leur système informatique. "Nous avons vérifié tout le système et les emails dès que nous avons entendu parler de possibles piratages. Nous pensions également être une cible idéale. A première vue, tout est cependant ok. Il semblerait qu'aucun problème n'ait été détecté."

Ce rebondissement va-t-il une nouvelle fois nuire à l'image des vins du Valais? "Depuis plusieurs semaines, nous sommes victimes de cette affaire. Dominique Giroud a dans un premier temps faussé le marché puis il nuit à l'image de nos produits et fait du mal aux autres caves. Nous faisons tout ce qui est de notre possible pour nous détacher de ces agissements et conserver les coudées franches".

 

13:17 La RTS et "Le Temps" inquiets après le piratage de leurs ordinateurs

La RTS et le quotidien "Le Temps" ont confirmé jeudi avoir déposé plainte contre X, dans l'affire Giroud après une tentative de piratage de leurs journalistes. Ils jugent extrêmement grave que des rédacteurs puisent être espionnés.

Contacté, le rédacteur en chef de l'actualité à la RTS, Bernard Rappaz, a confirmé qu'un ordinateur de la rédaction avait fait l'objet d'une tentative de piratage il y a quelques semaines, à l'aide d'un "malware (logiciel malveillant) très sophistiqué". Il n'était toutefois pas en mesure de faire le lien entre cette tentative de "hacking" et l'affaire Giroud.

"Nous n'avons pas connaissance des raisons de l'arrestation" mercredi du vigneron valaisan et de trois autres personnes, a-t-il expliqué. Selon lui, c'est au ministère public genevois d'expliquer le pourquoi de ces interpellations.

Liberté de l'information en question

M. Rappaz souligne toutefois que "ce n'est pas une affaire banale". Selon lui, c'est la première fois que des journalistes de la RTS font l'objet d'une tentative de piratage aussi sophistiquée.

Même inquiétude du côté du "Temps". Interrogé par la RTS, le rédacteur en chef du quotidien genevois s'est dit stupéfait que des personnes tentent d'espionner des journalistes. C'est "extrêmement grave", a-t-il ajouté, précisant que "la liberté de l'information ne peut être garantie que si les journalistes sont protégés".

 

11:50 Les réactions des présidents de parti

Serge Métrailler, président du PDC

«On assiste à l’écriture d'un scénario digne des plus grands films hollywoodiens!

Cela devient inquiétant, tant les implications vont au-delà de l’imaginable. Si c’est confirmé qu’un enquêteur de la Confédération est impliqué dans cette affaire, cela prend même une tournure kafkaïenne.

Concernant le comportement de Dominique Giroud, on peut se demander s’il n’y a pas un aspect pathologique. Il semble tellement acculé, qu’il perd le sens de la réalité.

Il est vraiment temps que la justice apportent des réponses à cette sombre affaire.»

Xavier Mottet, député et président du PLR

«C’est un vrai feuilleton dont on vit les épisodes jour après jour! C’est notre Dallas!

La toile de cette affaire s’étend. Du Valais, elle touche maintenant les cantons de Vaud et de Genève.

Si les faits de hackers sont révélés, ils donnent froid dans le dos ; on se demande maintenant si les personnes qui ont été critiques dans cette affaire ont été mises sur écoute. Ces mesures d’intimidation sont d’un autre âge.

Je constate qu’à Genève, la justice ne prend pas de gants. Il y a des soupçons et les personnes concernées sont arrêtées…

Ce qui est étonnant, c’est que de nouveaux faits apparaissent sans cesse, les comportements malhonnêtes continuent. Je n’ai pas de conseils à lui donner, mais à la place de Dominique Giroud, je ferais profil bas…»

Gaël Bourgeois, député et président du Parti socialiste

«Ce nouvel événement montre le fonctionnement du personnage qu’est Dominique Giroud. Il fait partie des gens qui se sentent au-dessus des lois, qui vivent avec un sentiment d’impunité.

Lorsque qu’on a joué avec les lois, on assume, on ne tente pas de contourner la justice ou de faire pression sur les gens. Pour moi, c’est un petit monsieur.»

Jérôme Desmeules, député-suppléant et co-président de l’UDC

«Les faits doivent être assez graves, les soupçons et les preuves assez sérieux pour que ces personnes soient incarcérées de cette manière. Dominique Giroud semble avoir oublié que la fin ne justifie pas les moyens. Son comportement est inacceptable, les pressions dont il a usé également

Pour démêler le vrai du faux, je fais confiance à la justice. J’espère que toute la lumière soit faite sur cette affaire et sur toutes ses ramifications.»

 

11:23 Réaction de Narcisse Crettenand, président de la Commission de Gestion (Cogest) du Grand Conseil.

«Cette arrestation ne change rien à notre enquête. Pour notre part nous investiguons sur le volet de l’Etat du Valais afin de nous assurer que les institutions ont bien fonctionné et que les intérêts de l'Etat ont été préservés. (ndlr, le résultat de ces investigations est attendu pour le mois de septembre) La justice se chargera des autres aspects. Concernant l’affaire du piratage informatique, je dirais simplement que ce sont des méthodes qui se voient d’habitude dans les mafias…» 

 

10:48

Le Ministère public genevois a fait arrêter mercredi l'encaveur valaisan Dominique Giroud ainsi que trois autres personnes. Ils sont soupçonnés de piratage informatique de plusieurs ordinateurs, notamment de journalistes, indique jeudi un communiqué de la justice genevoise.

Outre Dominique Giroud, un hacker professionnel, un détective privé et un autre suspect ont été arrêtés après plusieurs semaines d'enquête. Ils sont soupçonnés d'avoir commandité, respectivement exécuté le piratage de plusieurs ordinateurs.

Sur mandat du Ministère public, la brigade financière a interpellé les quatre suspects avec l'appui de plusieurs polices cantonales. Ils ont été entendus en qualité de prévenus. Ils seront auditionnés jeudi par le Ministère public, poursuit le communiqué.

Le but de l'opération menée par les suspects était apparemment d'identifier la source de fuites dans les médias concernant les procédures en cours contre Dominique Giroud. Les médias ont déposé plainte auprès du Ministère public.