Genève aura son combat de reines

La Ligue suisse contre la vivisection et pour les droits de l'animal a été déboutée jeudi par la Chambre administrative de la Cour de Justice de Genève. Les reines seront donc présentes dans la Cité de Calvin le 1er août.

26 juil. 2012, 14:46
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Les combats de reines auront bel et bien lieu le 1er Août à Genève malgré l'opposition de la Ligue suisse contre la vivisection (LSCV). La justice genevoise a déclaré irrecevable, jeudi, le recours de la ligue. En outre, les combats de vaches de la race d'Hérens ne constituent pas une violation de la législation sur la protection des animaux, selon l'Office vétérinaire fédéral (OVF).

La LSCV ne rend pas les armes

Pourtant, si  la Chambre administrative de la Cour de Justice de Genève a débouté la Ligue suisse contre la vivisection et pour les droits de l'animal, elle reconnaît  malgré tout que Genève n'a aucun lien avec cette tradition et que le fait d'amener en ville «une douzaine de vaches que l'on fait défiler est de nature à créer chez elles du stress et de l'angoisse». De plus le terrain où doivent se dérouler les combats est inadapté et peut «causer des blessures».  

Une demie-victoire pour la LSCV «qui veut surtout lutter contre l’utilisation des combats de reines à des fins commerciales et promotionnelles et ceci sans tenir compte du bien-être des vaches», nous a déclaré Maya Schmid, membre du comité de la LSCV. «Nous ne pouvons accepter de faire voyager ainsi des animaux. C’est stressant pour eux et inapproprié. »  

Par contre, bien que la LSCV relevait  «qu'il serait temps qu'un tribunal se penche enfin sur cette particularité régionale et établisse l'illégalité de ces spectacles », Maya Schmid assure: «Nous n’allons pas nous attaquer à la tradition valaisanne, où les vaches de la race d’Hérens pratiquent un combat pour établir une hiérarchie.»
La LSCV ne rend pas les armes pour autant. «Il faut que le public soit rendu attentif à cette problématique, nous allons continuer notre action d’information.»  Maya Schmid sera présente le 1er août sur la  plaine de Plainpalais. «Je veux voir comment se comportent les vaches. J’espère qu’on ne va pas les forcer à combattre … »

Joint par téléphone, Martial Aymon, président de la Fédération Suisse d’élevage de la race d’Hérens, s’est refusé à tout commentaire.

Des combats tolérés par la loi

La ligue contre la vivisection avait entamé sa croisade contre les combats de reines début juillet. Elle dénonçait une violation de la législation sur la protection des animaux et critiquait notamment les conditions de détention des célèbres vaches d'Hérens qui vivent une bonne partie de l'année attachées dans des étables. La LSCV mettait en avant plusieurs articles de loi, notamment celui stipulant qu'il est interdit de "maltraiter les animaux, de les négliger ou de les surmener inutilement". L'ordonnance proscrit également "d'employer des animaux pour des exhibitions (...) s'il en résulte manifestement pour l'animal des douleurs, des maux ou des dommages".

Le recours contre l'autorisation de combats de "reines" sur la Plaine de Plainpalais lors des festivités du 1er Août a été jugé irrecevable,  notamment car aucun membre de la ligue n'était touché personnellement par le feu vert donné par le Service de la consommation et des affaires vétérinaires du canton. Dans ses considérants, la Chambre administrative relève que l'organisation de combats entre animaux est interdite par la loi sur la protection des animaux, si ces derniers sont maltraités ou mis à mort, ce qui n'est pas le cas pour les combats de vaches.

Les combats de chiens ou de coqs sont clairement interdits alors que les combats de vaches sont tolérés dans la mesure où "ils se déroulent sur des bases traditionnelles, comme au printempsdans les alpages valaisans, où l'organisation hiérarchique des troupeaux se faisait naturellement".

La ligue devra s'acquitter de 1.000 francs de frais de justice. Elle peut encore s'adresser au Tribunal fédéral dans les 30 jours.