Finale nationale: les problèmes de fertilité de la race d'Hérens n'épargnent pas la reine Rubis

La reine nationale en titre, Rubis de Jean Moulin, ne peut pas participer à la finale nationale des combats de reines du 7 mai prochain à Aproz. Non portante, elle se trouve actuellement à Schwytz. Un problème de fertilité qui n'est pas unique dans le monde de la race d'Hérens.

02 mai 2017, 14:01
/ Màj. le 04 mai 2017 à 17:00
Rubis de Jean Moulin ne sera pas à Aproz dimanche.

La reine nationale en titre, Rubis qui appartient à l’éleveur vollégeard Jean Moulin sera la grande absence de la Finale nationale des combats de reines ce dimanche à Aproz. Son propriétaire explique son absence: «Rubis n’est pas portante.» De cette manière, elle ne répond pas aux exigences du règlement en vigueur.

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Un veau indispensable

Pour participer à un combat de printemps ainsi qu’à la finale nationale, une vache doit avoir vêlé après le 1er septembre 2016 soit être portante depuis 10 semaines au moins. C’est ce que prévoient les Directives des combats.

Cette mesure a été mise en place pour que toutes les bêtes soient à égalité. Une bête qui ne vêle pas prend du muscle, prend des caractéristiques masculines, elles ont tendance à devenir taurillières comme disaient les anciens éleveurs. La mesure vise aussi à faire respecter la nature des vaches, qui sont élevées pour donner du lait.

Elle vise un autre combat

Si elle ne peut pas défendre son titre à la finale, Rubis pourrait prendre part au combat de la Foire du Valais le 1er octobre prochain. Pour cela, elle devra être portante de 120 jours au moins au moment du contrôle par ultrasons effectué le jour du combat. Il ne reste donc pas beaucoup de temps pour que Rubis se retrouve portante. 

Rubis est à Schwytz

Jean Moulin a pris des dispositions particulières pour que sa reine le soit. «Rubis se trouve à Schwytz chez un vétérinaire spécialisé.» Elle aura sans doute droit à un traitement hormonal pour faciliter sa fertilité et pourrait même subir l’implantation d’un embryon.
C’est un Haut-Valaisan qui possède une clinique spécialisée dans ce canton de Suisse central. Il y reçoit régulièrement des bêtes en provenance du Valais.

Jean Moulin, un éleveur professionnel, vit cet épisode avec philosophie. «Rubis est une bête délicate. Il est toujours difficile de la faire porter. Comme éleveur, on sait qu’on peut être confronté à ce genre de situations.»

Quant à lui, l’éleveur assistera ce week-end à la finale nationale, mais comme spectateur cette année. «Comme ça je serai un peu moins tendu», sourit le Vollégeard.

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LA FERTILITE: UN PROBLEME RECURRENT CHEZ LA RACE D'HERENS

«Dans les années 1900-1920, on parlait déjà des problèmes de fertilité chez la race d’Hérens. A l’époque, on disait que c’était dû à l’air du Valais...», rapporte le vétérinaire cantonal Jérôme Barras. Des vétérinaires valaisans, qui pratiquaient l’insémination, s’en sont souciés et ont évoqué avec insistance ce problème dans les années 1960-1970. C’est dire que ce souci ne date pas d’aujourd’hui.

Il y a plusieurs causes à ce problème, explique le vétérinaire cantonal. «Il y a une composante génétique. Le cycle sexuel est perturbé. L’ovule n’est pas libérée et cela se transforme en kyste.»

La sélection pratiquée dans la race d’Hérens a accentué ce problème. «Dans une autre race, si une bête a un problème de fertilité, elle ne donne pas de lait. L’éleveur va essayer deux ou trois fois, puis la bête est réformée.» En d’autres termes, elle est abattue et le problème de fertilité ne se transmets pas à la génération suivante. Il en va tout autrement avec l’Hérens. Le propriétaire d’une grande reine, comme une reine nationale, fera tout pour tenter de faire porter sa vache, comme le fait actuellement Jean Moulin, avec le risque de transmettre cette prédisposition défavorable. «Il y a une corrélation défavorable entre les qualités de lutteuses et les problèmes de fertilité. En sélectionnant les bêtes en fonction de leur capacité au combat, on prend le problème de fertitité avec.»

Un régime alimentaire trop riche en protéine ou en énergie accentue le problème. Par contre, le fait que chez l’Hérens la monte naturelle est encore beaucoup pratiquée compense un peu les éléments défavorable à cette race.