Escroquerie chez Nestlé: un comptable valaisan sur le banc des accusés

Un comptable valaisan de 38 ans comparaît jeudi devant le Tribunal correctionnel de l’Est vaudois à Vevey. Il est accusé d’avoir dépouillé Nestlé de 1,76 million de francs au début 2011, entreprise qu'il a quittée en 2016.

25 juin 2020, 12:21
Le procès s'est ouvert jeudi matin à Vevey.

Le Tribunal correctionnel de l’Est vaudois se penchait jeudi sur le cas d’un ancien comptable du groupe Nestlé. Ce Valaisan de 38 ans a détourné à son profit et à celui de cinq complices, dont sa compagne de l’époque, environ 1,76 million de francs. Et ce, en à peine cinq ans.

Le procès pour escroquerie par métier, faux dans les titres et blanchiment d’argent d’un ancien comptable de Nestrade SA, société du groupe Nestlé basée à La Tour-de-Peilz (VD) et chargée du paiement de certains collaborateurs expatriés du groupe, s’est ouvert jeudi matin à Vevey. Ce Valaisan de 38 ans est accusé d’avoir détourné un total de 1 765 987 francs de début 2011, alors qu’il venait à peine d’être engagé, à fin 2015.

Le prévenu admet les faits

Pour la seule infraction d’escroquerie par métier, le natif de Monthey encourt théoriquement jusqu’à dix ans de prison ferme. Désormais domicilié à Mexico, il assiste à son procès et dit admettre l’intégralité des faits qui lui sont reprochés dans l’acte d’accusation. L’homme avait bénéficié de la complicité de cinq autres personnes dont sa compagne de l’époque.

Le Tribunal correctionnel de l’arrondissement de l’Est vaudois jugera du même coup cette Marseillaise de 39 ans, désormais domiciliée à Londres, pour complicité d’escroquerie, de recel et de blanchiment. Les quatre autres complices ont été déférés et jugés séparément.

Le prévenu présente bien et s’exprime avec aisance tout en faisant profil bas. A l’époque, il était responsable d’une base de données gérant les profils des collaborateurs de Nestlé expatriés et jouissait de la confiance de ses supérieurs. Cela lui avait permis d’utiliser frauduleusement et généreusement les cartes de crédit professionnelles de plusieurs anciens employés.

Employés fictifs mais paiements bien réels

Le comptable avait aussi créé des profils d’employés expatriés fictifs, correspondant en réalité à ses complices avec qui il partageait ensuite les sommes détournées. Parmi eux, se trouvait donc son ex-compagne. Le couple dépensait cet argent en loisirs, voyages, soins et autres biens et services.

«Je trichais au moment de passer l’opération comptable afin d’éviter que la supercherie ne soit découverte. Mais si on avait contrôlé poste par poste, on aurait pu s’apercevoir que cela ne jouait pas. Toute écriture était vérifiée par le chef comptable. Je n’essaie pas de me déresponsabiliser. Juste de préciser», explique l’accusé à la barre.

Le pot aux roses n’avait été mis au jour qu’après le départ volontaire du prévenu de son poste, fin février 2016, à l’occasion d’un audit. Une plainte avait été déposée en mars 2017.