Epargnants trompés: le cerveau obtient le sursis

Le Valaisan S. échappe à la prison. En 1996, il fut le cerveau d'un groupe de quatre personnes (trois Valaisans et un Néerlandais) qui proposèrent à des petits épargnants français des gains de 10 à 15% par an, parfois jusqu'à de 4% par mois.

20 déc. 2011, 09:40
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Ces investisseurs virent s'envoler toutes leurs économies après les placements financiers hasardeux réalisés par S.

Le principal accusé avait été condamné en première instance à trois ans de prison de prison, dont la moitié avec sursis. Il avait décidé de faire appel. Son avocat, réfutant l'abus de confiance, avait plaidé en faveur de la simple gestion déloyale. Le second procès a eu lieu cet été. Le Tribunal cantonal vient de rendre son verdict.

Cette juridiction confirme l’abus de confiance, mais se montre plus clémente que le premier jugement, condamnant S. à deux ans de prison avec le sursis complet. En effet, la justice valaisanne a estimé que l’accusé n’avait pas soutiré de l’argent aux épargnants dans le but de le conserver pour lui. Il ne les a pas volés.

Certes, il a placé leurs économies dans des placements très risqués, mais il pensait restituer leur mise aux propriétaires des fonds, après avoir empoché au passage un juteux bénéfice. En outre, la justice a confirmé la gestion déloyale, car l’argent n’était pas destiné à des placements à haut risque.

Sommes importantes

S., un Valaisan du centre du canton, disait placer l’argent de ses clients dans des investissements défiscalisés et sûrs via la Suisse, notamment dans le rachat des anciennes usines Salomon à Annecy, baptisé "Opération Salomon".

En effet, celui qui se présentait encore cet été devant le tribunal  comme conseiller financier, aurait utilisé des centaines de milliers de francs français de ses clients pour investir l’argent non pas dans l’immobilier comme prévu, mais dans des placements à très haut risque.

S. a utilisé le système diaboliquement dangereux du "roll program" qui effectue allers-retours rapides sur le marché financier, pensant pouvoir ainsi empocher jusqu'à 100% par... mois et en redistribuer une petite partie.

A cause de lui, une petite commerçante française de Grenoble a perdu 1,5 million de francs français. Trois autres épargnants d’Albertville 600'000 francs.