De nombreux cas de fraudes électorales signalés dans trois villes du Haut-Valais

Des cas de fraudes électorales systématiques ont été dénoncés dans les villes de Brigue, Viège et Naters dans le Haut-Valais pour les élections au Grand conseil et au Conseil d'Etat. Le Ministère public confirme le dépôt d'une plainte de la commune de Brigue.

23 mars 2017, 16:37
Un nombre important de cas de fraudes électorales a été dénoncé dans le Haut-Valais.

Des fraudes électorales systématiques ont dénoncées dans les trois grandes villes du Haut-Valais pour les élections au Conseil d'Etat et au Grand Conseil. Nos confrères du Walliser Bote, qui ont révélé cette information, précisent qu'au moins 50 cas à Brigue, 20 à Naters et un nombre inconnu à Viège ont été signalés. En clair, des électeurs se sont plaints auprès de leur administration communale de n'avoir jamais reçu leur matériel de vote tant au premier qu'au second tour de l'élection. Et à leur grande surprise, l'administration leur a, à chaque fois, répondu qu'ils avaient déjà voté et que leur feuille de rééexpédition - munie vraisemblablement d'une fausse signature - avait été transmise. Des personnes auraient-elles subtilisé les enveloppes dans les boîtes aux lettres? Est-ce au stade de l'envoi des documents que la fraude a été opérée? A ce stade, impossible de le dire.

Une plainte pénale déposée

La commune de Brigue a déposé plainte pénale contre inconnu auprès du Ministère public. Le procureur général Nicolas Dubuis nous a confirmé cette information sans pouvoir se prononcer sur le fond de l'affaire. Difficile en l'état de mesurer l'importance de cette fraude sur l'élection. D'autant que, dès réception des enveloppes, les bulletins de vote et les feuilles de réexpédition sont séparés et il est donc pour le moment impossible de connaître les motivations des auteurs et leurs conséquences.

Quelles procédures possibles?

Si quelqu'un devait cependant considérer que ces fraudes sont suffisantes pour mettre en doute le résultat de l'élection, il dispose d'un délai de trois jours après la publication au Bulletin officiel des résultats pour déposer un recours auprès de la Chancellerie d'Etat. Les résultats du premier tour et de l'élection au Grand Conseil ayant été publiés le 10 mars, l'arrêté est en force. En revanche, les résultats du second tour sont susceptibles d'être attaqués puisqu'ils seront publiés ce vendredi 24 mars. "Dans un tel cas, le recours est transmis au Grand conseil qui est compétent pour le traiter", précise le chancelier Philippe Spöri. Passé ce délai, et si l'enquête pénale devait confirmer ou révéler de nouvelles fraudes, le Grand conseil reste le seul en mesure de contester l'élection.