Coronavirus: «Les violences domestiques vont augmenter, ce n’est qu’une question de temps»

Les spécialistes le redoutent déjà: le confinement est un terreau favorable aux violences conjugales et intrafamiliales. Les explications d’Isabelle Darbellay Métrailler, cheffe de l’Office valaisan de l’égalité et de la famille.

31 mars 2020, 15:17
Le confinement risque de potentialiser les risques de violences conjugales ou de maltraitance sur les enfants.

La crise actuelle peut provoquer nombre de situations de détresse. Pour soutenir toute personne ayant besoin d’une aide psychologique, la nouvelle cellule valaisanne PsyCovid19 vient d’être créée. Les spécialistes craignent aussi fortement une hausse des violences conjugales et intrafamiliales, potentialisées par le confinement dans lequel vit désormais la population. Isabelle Darbellay Métrailler, cheffe de l’Office cantonal de l’égalité et de la famille, fait le point.

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Observez-vous déjà une augmentation des cas de violences domestiques?

Pas encore. Mais ça bouillonne, le mouvement est en marche. Les spécialistes sont certains que ça va arriver. Bientôt, malheureusement, les interventions de police et les maisons d’accueil de victimes pourront probablement le confirmer.

Pourquoi le confinement est-il un terreau favorisant les risques?

Les tensions y sont omniprésentes. Rester 24 heures sur 24 dans un même espace, en couple ou en famille, peut jouer comme accélérateur de crises sous-jacentes, de violences conjugales ou de maltraitance sur des enfants. Le risque d’explosion est plus fréquent car l’isolement exclut les soupapes de décompression. Le travail au bureau, l’école, le café avec des amis, sont des échappatoires qui, d’ordinaire, abaissent les tensions.
Maintenant, c’est comme si chaque jour était un «dimanche soir», ce moment connu comme particulièrement à risques en termes de violences.

Le canton a-t-il mis en place des mesures particulières?

Le réseau contre les violences domestiques est toujours opérationnel. Le pire serait que des victimes restent dans des situations critiques en se disant qu’il y a d’autres urgences dues au virus, et que cela mène à des issues fatales.
L’aide et l’accueil aux victimes, les interventions de police, les urgences médicales, la justice, la protection des enfants et l’accompagnement des auteurs fonctionnent. Nous anticipons aussi des solutions, au cas où des foyers d’accueil devaient être infectés et donc fermés. Enfin, la nouvelle cellule PsyCovid19 pour les personnes en détresse est une porte d’entrée supplémentaire.

En savoir plus : Toutes les informations nécessaires sur le réseau valaisan contre les violences domestiques
 

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