Places d'armes: Genève qui rit et Sion qui pleure

Si le Jura, Neuchâtel et le Tessin notamment sont épargnés, la Suisse romande est particulièrement touchée par les suppressions de l'armée, particulièrement le Valais.

03 févr. 2014, 16:39
Adieu aux casernes de Moudon (VD), des Vernets (GE), de la Poya (FR) ou encore à l'aérodrome de Sion (VS). L'armée suisse fermera en tout sept places d'armes, trois aérodromes et des infrastructures de combat, soit un tiers de son parc immobilier, pour des économies de 8,7 milliards de francs.

Les cantons ne se trouvent pas égaux face aux projets de l'armée de réduire son parc immobilier. Alors que Genève et Fribourg tirent leur épingle du jeu, le Valais n'accepte pas la fermeture de l'aérodrome de Sion et demande que l'armée revoie son plan de stationnement dans le canton.

Un retrait total de l'armée des places militaires de St-Maurice (VS) et de Conches (VS) ainsi que de l'aérodrome de Sion n'est tout simplement pas acceptable, a indiqué le Conseil d'Etat valaisan dans communiqué. Il prenait position au terme de la consultation fédérale sur le nouveau plan de stationnement de l'armée, achevée fin janvier.

Le projet impliquerait la perte de 43 places d'apprentissage et menacerait la survie de l'aéroport civil. L'installation à Sion du centre de logistique et de commandement de la police militaire est certes réjouissante, écrit encore le gouvernement. Tout comme la présence de deux écoles de recrues, qui garantissent une utilisation de la caserne tout au long de l'année.

Il ne s'agit toutefois que d'une faible compensation par rapport aux pertes prévues: avec seulement 1% de présence militaire en Valais pour 4% de la population suisse, le nouveau plan assène un coup dur au canton.

Fribourg veut un centre de formation

Le canton de Genève est au contraire favorable au projet soumis à consultation. Le site actuel de la caserne des Vernets sera principalement dédié à la réalisation de 1500 logements, indique le Conseil d'Etat genevois.

Le canton de Fribourg compte bien lui aussi tirer son épingle du jeu, au-delà de la déception liée à l'abandon de la caserne de La Poya et du cantonnement du Lac-Noir. Les autorités négocient pour récupérer le Centre de formation du service civil qui quittera fin 2015 le site de Schwarzenburg (BE).

Ce serait une sorte de "compensation indirecte", notent-elles dans leur réponse. En revanche, le gouvernement fribourgeois nourrit quelque crainte au sujet de l'aérodrome de Payerne (VD), notamment au sujet du nombre de mouvements, et donc des nuisances sonores, à la suite de la fermeture des bases de Sion, Buochs (NW) et Dübendorf (ZH).

Dans le canton de Vaud, les spéculations - non confirmées - sur la transformation de la caserne de Moudon en centre pour requérants d'asile avaient fait des vagues en novembre. Ayant décidé d'associer les communes concernées à sa réflexion, le Conseil d'Etat a obtenu un délai supplémentaire pour répondre à la consultation. Il devrait tout prochainement rendre publique sa position.

Ca coince à Schaffhouse

Les réactions sont également contrastées outre-Sarine. Zurich et Saint-Gall se réjouissent de voir la plus grande partie des emplois maintenus. Le canton des Grisons est satisfait que la dissolution de sa brigade de montagne soit compensée par l'arrivée de la brigade mécanisée de Zurich.

Du côté des mécontents, le canton de Schaffhouse refuse que deux des trois abris de protection civile soient fermés. Il n'est pas acceptable que "l'armée se retire de plus en plus de notre canton frontalier, le seul situé en partie au nord du Rhin", estime le canton.

Quant au gouvernement argovien, il réserve sa réponse jusqu'à la fin février. Tant le canton que la commune de Windisch refusent le transfert du centre de recrutement vers la capitale cantonale.

Forcée aux économies

L'armée avait fait connaître ses plans fin novembre. Contrainte aux économies, elle se séparera d'un tiers de son parc immobilier. Sept places d'armes, trois aérodromes et des infrastructures de combat seront fermés.

La voilure doit être réduite de 8,7 milliards de francs, soit 36%, sur un total de 24,2 milliards d'infrastructures. Tous les cantons ne sont pas touchés de manière identique.

Si le Jura, Neuchâtel et le Tessin notamment sont épargnés, la Suisse romande, avec quatre cantons sur six, est particulièrement touchée par les suppressions. En Suisse alémanique, les cantons de Zurich, Argovie, Thurgovie, Nidwald et Obwald sont principalement concernés.