La ruée vers l'or d'une architecte portugaise

Les Portugais sont de plus en plus nombreux à trouver du travail à haute valeur ajoutée en Valais.

21 juil. 2012, 14:02
Susana et Fabio ont quitté le Portugal pour trouver un travail d'architecte en Valais.

Elle a tout quitté: sa maison, sa famille et son pays en pleine crise. Sans travail depuis des mois au Portugal, Susana Souto, 36 ans, a choisi de partir de sa ville de Porto pour venir chercher un travail en tant qu’architecte en Valais.

La construction tourne au ralenti au Portugal et le bureau où elle travaille ferme ses portes. Et Susana se met à chercher du travail. «Je suis tombée sur une annonce pour un poste d’architecte à Vevey sur un site Internet portugais. J’ai alors décidé d’envoyer mon dossier et très rapidement, j’ai été convoquée pour un entretien», raconte Susana.

Un emploi en une semaine

Elle débarque alors en Suisse pour rencontrer ce patron. Il lui dit qu’elle devra attendre trois semaines avant d’avoir une réponse et lui conseille de continuer ses recherches. Susana le prend au mot et continue sa quête. Ensuite tout s’enchaîne rapidement. Elle passe plusieurs entretiens. Et elle est finalement engagée dans un bureau sédunois, chez Suter Sauthier & associés SA. C’était en octobre dernier. Susana reste quelques mois à Massongex chez ses cousines portugaises qui vivent en Suisse depuis 25 ans. Quelques mois plus tard, elle pourra faire venir son mari Slobodan Tripkovic et son fils de 2 ans Marko. Coiffeur de formation, Slobodan travaille dans l’agriculture actuellement. Et il apprend le français. Susana, elle, l’a appris à l’école au Portugal. Elle maîtrise plutôt bien la langue. La famille dit se sentir bien en Valais et ne compte pas retourner dans son pays.

Une histoire parmi d’autres

L’histoire de Susana n’est pas unique. De nombreux Portugais, en particulier les jeunes, sont partis pour trouver du travail. D’ailleurs, les patrons de Suter Sauthier & associés SA ont reçu près d’une quarantaine de postulations d’étrangers et une seule candidature suisse. Ils ont engagé Susana avec 10 d’expérience et Fabio, un jeune diplômé. La même histoire se répète dans d’autres bureaux valaisans avec des Portugais, mais également des étrangers d’autres pays.

Toutefois, tous n’ont pas la même chance que Susana ou Fabio. Faute de succès, ils sont obligés de rentrer chez eux. Susana regrette d’ailleurs que dans son pays, des études supérieures n’assurent même plus un travail: «mon père nous a toujours poussé mon frère et moi à faire des études. Il disait que ça nous assurerait un emploi. Mais on voit aujourd’hui que ce n’est plus le cas».