Valais: jumelage groupé avec une commune argentine

La commune argentine d'Esperanza, fondée il y a un peu plus de 150 ans par des habitants des six communes valaisannes de Champéry, Hérémence, Riddes, St-Martin, Trient et Vex, crée un lien d'amitié avec ces dernières.

23 juil. 2012, 12:13
Dès le 1er août, le village de Vex et 5 autres communes valaisannes seront jumelés avec la commune argentine d'Esperanza.

La commune argentine d'Esperanza et six communes valaisannes créent un lien d'amitié particulier. La ville argentine a été fondée il y a un peu plus de 150 ans par des habitants des six communes valaisannes de Champéry, Hérémence, Riddes, St-Martin, Trient et Vex.

Le jumelage sera officialisé symboliquement le 1er août. L'idée est née en 2006 lors des célébrations des 150 ans d'Esperanza. Le président d'Esperanza a proposé un jumelage avec les villages d'origine des pionniers et a sollicité l'association Valaisans du Monde, a expliqué lundi à Sion son président Eric Rudaz.

Le but de la démarche est d'intensifier les contacts entre la population locale et leurs cousins, descendants des migrants valaisans de la deuxième moitié du 19e siècle. Une délégation de la ville d'Esperanza passera une semaine en Valais pour découvrir les villages d'origine de leurs ancêtres.

La présidente d'Esperanza et le sénateur de la province de Santa-Fe, tous deux descendants de migrants valaisans, conduiront cette délégation. Ils seront accueillis en Valais par les descendants de leurs ancêtres.

Fiers de leurs origines

Ces descendants de Valaisans qui vivent en Argentine sont fiers de leur origine qu'ils n'hésitent pas à mettre en avant, précise Jean-Claude Dayer, ancien président de Valaisan du Monde. Et ils sont nombreux. La descendance des migrants valaisans est estimée à quelque 450'000 personnes, soit 1,5 fois la population du Valais.

Les premiers migrants ont quitté le Valais à la fin 1855 et au début 1856. Avec des colons d'autres cantons suisse, d'Allemagne, d'Italie, de Belgique et du Luxembourg, ils ont fondé Esperanza, appelée ensuite "la mère des colonies".

Les Valaisans y ont laissé leur empreinte. La colonie a été créée sur le modèle des municipalités suisses, la langue officielle était le français et les Valaisans ont constitué le premier conseil de la colonie.

Exode massif

Dans le demi-siècle qui a suivi, le Valais a connu une véritable saignée. Près de 20'000 des 100'000 habitants du canton l'ont quitté pour des terres lointaines. La pauvreté et aussi le contexte politique expliquent cet exode. Et environ 70% des migrants se sont établis en Argentine, avec plus ou moins de bonheur.

L'Argentine cherchait à l'époque à accroître sa population grâce à des immigrés. Le pays offrait des terres, des animaux, des conditions fiscales favorables aux colons. Beaucoup ont pu améliorer leur condition de vie par rapport à la pauvreté dont souffrait le Valais.

Mais cette période de l'histoire est restée longtemps absente des livres d'histoire. La réussite des colons a pu provoquer la jalousie de ceux qui sont restés au pays au point d'éviter d'aborder le sujet qui est tombé dans l'oubli.

Le retour sous les projecteurs de ces cousins d'Amérique s'est fait dans la foulée des célébrations du 700e anniversaire de la Confédération. Le Valais a lancé le projet de renouer avec ces descendants d'immigrés. De ce projet est née l'association Valaisans du Monde.