Monthey: Vincent Barbone, éternel rocker

Depuis plus de 50 ans, le musicien chablaisien multiplie les concerts. Rencontre avec un passionné de la scène.
12 déc. 2018, 15:30
Vincent Barbone et ses guitares: une histoire d'amour qui dure depuis plus de cinquante ans.

Pour lui, la musique ne s’arrête jamais. Vincent Barbone multiplie les concerts, comme ceux qui sont programmés à Martigny et à Sierre ce week-end, que ce soit de musique napolitaine traditionnelle, une influence des origines de sa maman – «J’ai toujours entendu de la musique napolitaine à la maison quand j’étais gamin.»

C’est pourtant le plus souvent dans le registre rock que le musicien de Monthey se produit. «Je suis arrivé d’Italie en Suisse à 12 ans. Et vers 15-16 ans, j’ai monté des groupes avec des copains à Aigle.» Les Beatles, les Rolling Stones, The Kings, Elvis, autant de vedettes que son grand frère et sa grande sœur lui font découvrir très jeune, inspireront notre homme, qui entreprend ensuite des voyages en Orient ou à travers l’Europe. Au cours de ces aventures, il se produit sur les terrasses des cafés, dans les bars ou dans des salles en première partie de vedettes, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique ou en Irlande.

Guitariste et chanteur, Vincent Barbone s’arrêtera de 1979 et 1982 à Annecy, où il sera tous les soirs sur scène chez Amédée, une boîte bien connue là-bas.

Par amour, il s’installe ensuite à Aigle, sort le 45-tours «Lilly», très remarqué en 1985. «J’ai tenu un bistro où j’avais la plus petite scène de Suisse romande!» Après cette période café-concert, il partira sur les routes avec le guitariste Jack Sakic. Ensemble, ils donneront quelque 200 concerts sur les scènes romandes.

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Les années Yukon

Nouveau tournant pour le musicien, il devient programmateur du Yukon Café de Collombey, entre 1998 et 2004, avant d’œuvrer du côté du Bouveret.

Au Yukon, il a fait venir des pointures comme Albert Lee et Bill Wyman, ex-Rolling Stone. Une époque que Vincent Barbone se remémore avec joie, mais sans nostalgie. «Je ne vais pas dire que c’était mieux avant. Mais aujourd’hui, je déplore le manque de raisonnement professionnel des musiciens. Ils font trois accords sur leur guitare et ils y vont. En Suisse romande, la musique n’est pas prise au sérieux, ici, on se fait un complexe par rapport à la France. Les musiciens d’ici n’osent pas s’engager, ils travaillent à côté pour la sécurité. Alors que pour faire du rock, il faut plonger et nager.»

Ce plongeon, le Chablaisien l’a fait depuis longtemps. Il vit de la musique, même si ce n’est pas tous les jours facile.

 

Non, le rock’n’roll n’est pas mort. Il est bien là, vivant.
Vincent Barbone, musicien

Vincent Barbone s’intéresse aussi aux musiciens d’aujourd’hui. «Grâce à ou à cause d’internet, il y a tellement de choses à écouter qu’on ne sait plus où donner de la tête.»

Entre deux concerts, le guitariste prépare un nouvel album. Au passage, il rappelle que les jeunes écoutent toujours la musique avec laquelle il a grandi et voyagé: «Non, le rock’n’roll n’est pas mort, il est bien là, vivant. Et moi, je suis toujours rocker dans l’âme.»

 

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Les prochains concerts de Vincent Barbone
«Viva Napoli», avec René Mirat, jeudi 13 décembre à 22 heures à la pizzeria Terra Mia à la Bâtiaz, Martigny. Concert rock avec René Mirat et Priscilla Formaz, vendredi 14 décembre à 20 h 30 au Café Helvétia à Sierre. Années 60, 70, country, Napoli, avec René Mirat, samedi 15 décembre à 21 heures au bar Le 6e sens à Martigny-Bourg. Concert rock avec René Mirat et Priscilla Formaz, vendredi 21 décembre à 21 heures à la Taverne à Monthey. «Viva Napoli», avec René Mirat, samedi 22 décembre à 22 heures à la pizzeria Le Capri à Monthey. Rock avec René Mirat et Julien Barbone, lundi 31 décembre au Vieux Chalet à Champéry.
par Joël Jenzer