"Celui qui a tué mon fils à Monthey n'a même pas eu d'amende"

Les parents d'un jeune Montheysan tué sur un passage pour piétons ne comprennent pas pourquoi le conducteur échappe à toute peine effective.
22 sept. 2015, 21:23
Le père de la victime montre l'endroit où son fils a été projeté par le choc, 14 mètres plus loin que le passage pour piétons situé en face de la piscine de Monthey.

En regardant le passage pour piétons sur lequel son fils âgé de 28 ans a été renversé l’an dernier à Monthey, Giuseppe Garieri ne comprend pas. «Celui qui a tué David ne fera pas un jour de prison. Et il ne paiera probablement pas la peine pécuniaire de 7000 francs à laquelle il a été condamné. En prime, non content d’accorder le sursis, le procureur n’a même pas jugé utile d’infliger une amende, même symbolique.»

«Ce mardi de novembre 2014, peu avant 7 heures du matin, il faisait encore nuit. Le conducteur n’a pas vu mon fils qui a été projeté au sol quatorze mètres plus loin, après avoir heurté le pare-brise avec sa tête», raconte Giuseppe Garieri.

«Nous ne souhaitons pas nous substituer à la justice, ni attaquer outre mesure le conducteur, mais ce jugement est inacceptable. Nous aurions voulu une véritable peine. Au moins un jour de prison ferme. Il faut modifier la loi», ajoute son épouse Brigitte.

Pas d’alcool, ni de vitesse

A Monthey, le conducteur n’avait pas bu et roulait à une vitesse estimée par l’enquête entre 35 et 40 km/h. Le conducteur aurait pu et dû prêter attention à David qui s’était engagé sur le passage pour piétons. L’article 117 du Code pénal prévoit une peine de prison allant jusqu’à trois ans ou une peine pécuniaire pour un homicide par négligence. La justice est-elle trop clémente ?

Selon le Ministère public valaisan, les dernières peines confirmées par le Tribunal fédéral concernant l’homicide par négligence en matière de circulation routière se situent, selon les cas, entre 30 et 120, voire 180 jours-amende.

Pour aggraver la condamnation et parler d’une infraction intentionnelle, il faut un comportement du conducteur montrant qu’il acceptait de mettre en danger la vie d’autrui. Cela peut être le cas, par exemple, lors d’un important excès de vitesse. 

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