Ce n’est pas toujours le meilleur qui gagne

Une semaine dans le rétro

08 sept. 2017, 21:10
/ Màj. le 09 sept. 2017 à 05:30
Sandra Jean.

La politique est un monde à part. En soi. Pour ne pas dire entre soi. Avec ses propres règles, ses intérêts très particuliers. Un monde (probablement le seul) dans lequel l’expertise ne fait pas partie des qualités premières pour l’embauche. D’ailleurs, les prétendants au poste suprême ne postulent pas pour tel ou tel département, comme on présenterait sa candidature pour un poste d’ingénieur, parce qu’on a fait des études d’ingénieur. Non, les prétendants au poste suprême briguent le seul pouvoir. Celui de décider. Au nom d’une vision, pour l’occasion soudainement floue car davantage rassembleuse, opportunément fluctuante pour les besoins de leur cause, trop rarement surprenante, ils mènent campagne tambour battant pour espérer diriger. Diriger quoi? Ils n’en savent rien, là n’est pas la question. Ce qui compte, c’est d’y arriver et puis, bien sûr, la volonté de servir son pays. Si, si. Parlez-en à votre employeur.

La politique est un monde à part. Tout n’est que circonstances. Il convient de naître au bon moment, au bon endroit, de brandir le bon (mais surtout l’unique) passeport, d’afficher les attributs adéquats, quoi que ce détail (le sexe, donc) est un… détail. Demandez à la grande défenderesse de la promotion de la femme, la gauche, pourquoi elle a préféré Johann Schneider-Amman à Karin Keller-Sutter. 
La politique suit sa propre logique, son propre tempo. Les intérêts du bien commun, celui du pays, ne sont pas forcément ceux des partis. Un lymphatique inexpérimenté n’a-t-il pas remporté la mise un certain 22 septembre 2010 contre une visionnaire dynamique? Ainsi fonctionne notre système politique. Au final, c’est toujours le plus petit dénominateur commun qui gagne. Celui qui est capable de faire le plus grand écart pour convaincre la majorité des 246 parlementaires. Cassis, Maudet, Moret. La question n’est malheureusement pas de savoir qui est le meilleur, celui ou celle dont la Suisse a impérieusement besoin, mais qui saura le mieux jouer avec le système.