On roule au col du Grand-Saint-Bernard, même si ça coûte cher

La route du col du Grand-Saint-Bernard est ouverte au trafic depuis ce mardi 5 juin, à 11 h 30. Cette date, qui résulte d'un accord transfrontalier entre le Valais et le val d'Aoste, n'est pour l'heure pas remise en question.

05 juin 2018, 16:00
Mardi, sur le coup de 11 h 30, les premiers véhicules – des motos, des vélos et des voitures – ont franchi le col du Grand-Saint-Bernard. De nombreux véhicules étaient présents, mais aucune statistique officielle relative à la fréquentation du col durant son ouverture estivale n'existe.

Ce mardi matin, sur le coup de 11 h 30, les premiers véhicules – des vélos, des motos et des voitures – ont franchi la frontière située sur le col du Grand-Saint-Bernard à la suite de son ouverture officielle au trafic.

Depuis des décennies, cette ouverture a lieu aux environs du 1er juin mais, comme chaque année, la même question revient sur le devant de la scène: pourquoi ouvrir toujours à la même date la route du col?

«Economiquement parlant, rien ne justifie l’ouverture de cette route au 1er juin. L’opération est en effet coûteuse pour les collectivités publiques, d’autant plus qu’il y a la possibilité de transiter par le tunnel. Mais pour de nombreuses autres raisons, cette date n’est pour l’heure pas remise en question», souligne le chef du Service valaisan de la mobilité Vincent Pellissier.

Présent ce mardi matin lors de la cérémonie officielle avec les autorités valdôtaines, le chef du Département de la mobilité Jacques Melly surenchérit: «Un changement de date n’a jamais été officiellement évoqué. Il est évident qu’une ouverture plus tardive coûterait moins cher, mais la date du début juin est maintenue pour des raisons politiques, touristiques, culturelles, identitaires, historiques et même économiques pour ceux qui travaillent sur la route du col.»

L’avis est identique du côté italien: «L’ouverture de la route, côté italien, représente un gros travail pour nos équipes. Mais il n’est pas question de changer cette date résultant d’un accord entre les deux pays», affirme Umberto Riera, responsable des routes pour toute la vallée d’Aoste.

Un hiver dans la norme

Au niveau des chiffres, le déneigement de la route du col, tant du côté italien que du côté suisse, a nécessité un mois de travail. Mais contrairement à ce qu’on aurait pu penser, cet hiver s’est révélé dans la norme. «On a connu un hiver d’exception, mais pas exceptionnel au niveau de la hauteur cumulée de neige, qui a atteint la cote de 14,8 m alors que la moyenne annuelle des dix dernières années est de 15,5 m», souligne le voyer Frédéric Moulin.

«De notre côté, le coût de cette ouverture est de l’ordre de 120 000 euros», estime Umberto Riera. Le montant est du même ordre côté suisse précise le chef d’arrondissement Gilles Genoud: «Il s’agit d’une année normale pour nous. Au total, le coût approche les 200 000 francs, y compris l’engagement de notre personnel et de nos machines.»

A ces coûts concernant le déneigement, il convient toutefois d’ajouter ceux liés à l’entretien et à la remise en état de la route pendant toute la durée de son ouverture au trafic.

A lire aussi : Le col du Grand-Saint-Bernard est désormais ouvert au trafic