Sierre: écouter le bruit du vin au musée

Au Musée du vin à Sierre, l'exposition «La voix du vin» propose d'écouter les sons que deux chercheurs ont enregistrés dans dix domaines viticoles.
09 mars 2018, 12:00
Les chercheurs et artistes  Nathan Belval et Emiliano Battistini en compagnie de Mélanie Hugon Duc, commissaire de l'exposition.

Glouglou est l’onomatopée que le public associe souvent à une boisson habituellement alcoolisée. Mais il existe tant d’autres sons plus captivants à découvrir, notamment au cœur de l’univers viticole. Par exemple les ronflements des machines et les clapotis des nectars. Les chercheurs et artistes Emiliano Battistini et Nathan Belval sont justement partis à leur recherche dans le canton et le fruit de leur étude est à écouter depuis samedi au Musée du vin à Sierre.

Durant deux ans, ces spécialistes ont parcouru dix domaines viticoles entre Martigny et Visperterminen, sélectionnés selon des critères géographiques, de taille, de méthodes de production. 1200 enregistrements totalisant 500 heures d’écoute ont été collectés. Un travail qui fait sens. «Un caviste nous a par exemple raconté que sans les oreilles, il ne pourrait pas faire de vin», explique l’un des professionnels de l’environnement sonore. Ensuite est venu le temps des choix en résidence à la villa Ruffieux et la collaboration avec Mélanie Hugon Duc, anthropologue et commissaire d’exposition au Musée du vin.

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«La voix du vin» fait écho en effet à des pièces des collections du lieu culturel. Cet accrochage invite à fermer les yeux et à se laisser guider par un autre sens au fil d’un parcours ludique et instructif. Quatre journées ont été imaginées comme fil rouge pour illustrer les saisons. Des surprises attendent les visiteurs, comme la mélodie de la fermentation à l’intérieur d’un fût. Ou la diffusion d’une œuvre musicale unique, créée à partir des bruits quotidiens de la vallée du Rhône.

A déguster avec l’ouïe

La démarche, originale et didactique, est transfrontalière puisqu’elle a été menée par un sémiologue italien et un sociologue français. C’est l’attribution du Prix Guiseppe Englert suivi d’un atelier chez Pierre Mariétan qui a les a réunis. L’Interprofession de la vigne et du vin s’est montrée intéressée par ce projet. «Le Valais est fortement marqué par la présence du vignoble, mais est-ce que la vigne et le vin participent aussi à son identité sonore? C’est ce que nous voulions explorer.»

Les infos sur l'exposition se trouvent ici.

par Cathrine Killé Elsig