L'escapade calabraise du boss

Christian Constantin a passé trois jours auprès de son équipe. Avec des projets de stades, de film et de transferts dans la tête.

19 janv. 2013, 08:09
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"C'est la Calabre en hiver", résume laconiquement Christian Constantin ses premières impressions du sud de l'Italie. Le boss du FC Sion y a débarqué mercredi par la voie des airs. Les trombes d'eau qui arrosent le Santa Maria Fides, le terrain synthétique de Schiavonea, où ses joueurs s'entraînent ne le chagrinent pas. "Nous ne sommes pas venus pour des vacances au bord de la mer. Les conditions se rapprochent de celles que nous connaissons en Valais au mois de novembre, donc pas très loin du contexte de reprise le 3 février à Kriens. Exactement ce dont nous avons besoin."

Les performances de son équipe contre Crotone et la Reg gina? "Le premier match m'a plus, pas le second. Nous rencontrons des équipes dans lesquelles évoluent des joueurs impliqués qui cherchent leur place et qui doivent s'engager pour gagner leur croûte. C'est appréciable. Nous sommes loin de l'esprit amical qui prend le dessus lors des matches à cette période. Peut-être aussi parce que nous vivons loin du luxe qu'offre un stage au Qatar ou en Egypte. Nous sommes confrontés à la réalité de la terre avec une hospitalité qu'aucun autre site n'aurait pu nous offrir."

 

Un stade... en Italie?

 

Sion se déplace pour la première fois dans le talon de la botte après plusieurs camps en Toscane et dans la périphérie de Rome "Ces préparations nous réussissent plutôt bien" , relève Constantin. "Elles avaient précédé notamment le doublé en 1997, la promotion et la victoire en coupe de 2006 ou la qualification pour la coupe UEFA en 2007. Aucun élément de superstition ne motive ces choix. J'ai toujours apprécié l'Italie et sa culture du foot. Tout le monde sait que j'en suis plus proche que de l'Allemagne et de la Bundesliga dans ce que j'ai aimé du foot." L'architecte octodurien découvre également une terre d'accueil pour des projets professionnels. "La Calabre, et par extension l'Italie, offre d'innombrables possibilités de développement, notamment dans les infrastructures sportives comme les stades. J'ai reçu des requêtes pour des projets d'enceintes sportives avec des centres commerciaux, un mélange que les villes italiennes ne connaissent pas. J'avais rendez-vous avec Zam parini, le président du club de Palerme, jeudi. Nous nous verrons finalement à Milan dans les prochaines semaines." Les deux dirigeants cumulent plus de cinquante changements d'entraîneurs durant leur mandat. Ils garantissent un riche sujet de conversation.

 

L'avion pour Petkovic

 

L'engagement de Gennaro Gat tu so ouvre des horizons nouveaux pour Constantin. La réussite de Petkovic également. "Les performances de la Lazio étonnent tout le monde. Mais un journaliste a répliqué l'autre jour que Petkovic n'était pas un débutant parce qu'un technicien qui a travaillé avec un fou comme Constantin était prêt. Il prouve que quelqu'un qui a travaillé en Suisse peut s'imposer à l'étranger. J'en étais persuadé. Quand je l'ai engagé, je lui avais promis de mettre mon avion à disposition pour signer son contrat à Rome. Je l'ai fait."

Plusieurs chaînes nationales de télévision ont dépêché des envoyés spéciaux en Calabre pour couvrir le retour au pays de Rino Gattuso. Un impact médiatique que pourrait jalouser le président du FC Sion. "Non, parce qu'il prouve que le football s'identifie à Gattuso dans cette partie du pays, soit à un seul homme. On parle moins de la Reggina, de Crotone ou de Catanzaro. C'est très dangereux parce que son retrait entraînera un pas de recul supplémentaire pour ce sport. Le FC Sion vit dans un contexte similaire. Il figure trop sous mon nom. Mon travail sera de lui donner les infrastructures générant suffisamment de moyens pour survivre à mon départ sans passer par une relégation volontaire pour limiter les risques."

La menace est plus grande pour l'extrême sud de la botte que Constantin quitte ce matin. La retraite de son héros est plus proche que celle du dirigeant valaisan.

 

TRANSFERTS: CONSTANTIN ATTEND UN COUP

 

Le marché des transferts en Suisse se fermera le 15 février. Christian Constantin dispose de plus d'un mois encore pour renforcer son équipe en vue de la deuxième partie de la saison. "J'espère conclure encore deux arrivées" , confirme-t-il. "Mais je ne me précipiterai pas pour faire n'importe quoi. Les gars qui arriveront doivent nous faire grandir. N'oublions pas que la Suisse accorde deux semaines supplémentaires pour enregistrer les transactions. A la fin du mois, nous serons pratiquement seuls sur le terrain. Les opportunités deviennent plus importantes à ce moment-là. Cette vingtaine de jours est vitale pour faire des coups. Même si la Coupe d'Afrique des Nations ajoute une difficulté supplémentaire cette année, elle ralentit les approches en direction des joueurs qui y sont engagés." Le mercato hivernal lui avait permis des engagements spectaculaires comme ceux d'Ahmed Ouattara, d'Aurelio Widmar ou de Frédéric Meyrieu, tous trois buteurs en finale de Coupe de Suisse cinq mois après leur signature en Valais. "C'est le profil de renfort que tu peux trouver grâce à cette ouverture prolongée chez nous. Si une occasion similaire se présente, je n'hésiterai pas." SF

 

CONSTANTIN, LES ARTS MARTIAUX ET DU CINEMA

 

Olivier Knupfer et Gianni Nodaro, passagers sans aucune ambition de clandestinité, ont accompagné le dirigeant valaisan en Calabre. La présence de l'un des lauréats des mérites sportifs cantonaux au côté de Constantin à Corigliano annonce-t-elle une introduction aux arts martiaux pour les joueurs sédunois? "Olivier est venu avec moi en ami. Il m'avait approché lorsqu'il cherchait des financements pour son école de karaté. Comme je ne souhaitais pas parrainer son activité avec de l'argent, je lui ai proposé un mandat de coach privé. Nous nous entraînons trois ou quatre fois par semaine à Riddes, au centre du club, à six heures et demie le matin. Le kick-boxing est l'une des disciplines que nous pratiquons, mais pas la seule. C'est plus une annexe au programme principal."

Le deuxième accompagnant suit Constantin caméra à portée de main et objectif fixé sur le président du FC Sion. "Il m'a approché pour réaliser une espèce de biographie filmée entre documentaire et fiction. J'attends qu'il me présente son projet définitif pour me prononcer. Une telle réalisation demande beaucoup de temps." SF