Martigny: un praticien condamné pour lésions corporelles graves

Un chiropraticien établi en Valais a été condamné. Il devra payer vingt jours-amende à 210 francs, avec sursis de deux ans. Son avocat annonce un recours au Tribunal cantonal.

09 janv. 2013, 10:04
Le saviez-vous? Il est prudent de s'abstenir de manipuler la nuque d'une femme enceinte.

Un chiropraticien a été reconnu coupable de lésions corporelles graves par négligence par le tribunal de Martigny. En 2006, ce praticien avait manipulé la nuque d’une patiente. Celle-ci s'était immédiatement sentie mal après l'intervention du praticien. Vertiges, céphalées, vomissements : quelques jours plus tard elle fut hospitalisée et transférée au CHUV. Diagnostic : accident vasculaire cérébral incomplet. L'assurance-invalidité a reconnu une infirmité de travail de 18%. Cette mère de quatre enfants souffre depuis les faits de troubles de l'équilibre l'empêchant de rester longtemps debout.

Lors du procès (Le Nouvelliste du 14 décembre), le Ministère public avait reproché au praticien de n’avoir pas informé la cliente des risques d’une manipulation des cervicales sur un personne enceinte et de ne pas avoir effectué de radiographie préalable. Toujours selon l’accusation, le chiropraticien aurait dû savoir qu'il pouvait déclencher un accident vasculaire cérébral menant au syndrome de Wallenberg. Toujours selon l'accusation, le praticien «est très probablement» à l'origine de ce syndrome dont souffre la victime.

Une thèse combattue par la défense qui fera recours. «Je ne désespère pas de convaincre un juge cantonal du bien-fondé de notre thèse», indique Me Stéphane Coudray, avocat du condamné. Selon l’homme de loi, la manipulation des cervicales dont se plaint la victime n’aurait pas été pratiquée par son client. «Et les éléments précurseurs d’un syndrome de Wallenberg existaient déjà avant la séance incriminée.» La peine maximale pour une telle infraction est de trois ans de prison.