Le président du HC Martigny promet de payer "tout ce qu'il doit vraiment"

Alors que « son » HC Martigny Red Ice est plus que jamais menacé de faillite, le président Micke Echenard prend des engagements. Interview.

02 juin 2017, 17:33
/ Màj. le 02 juin 2017 à 18:30
Le président Mike Echenard affirme encore croire au sauvetage de dernière minute du HC Martigny Red Ice.

Le HC Martigny Red Ice est-il mort?
Pas encore même si je ne crois en tout cas plus du tout à la piste slovaque. Mais a-t-elle seulement existé un jour? Par contre, nous sommes toujours en contact avec une repreneur potentiel, solide et installé dans la région.

Ce repreneur va devoir non seulement racheter vos actions et celle des Russes (pour 300’000 francs) mais il va aussi hériter des impayés de la saison dernière (1,5 million environ)?
C’est vrai que depuis février, plus aucun salaire n’a pu être versé. Et que c’est bien notre groupe de quatre entreprises – avec Ecobois comme leader - qui doit l’argent manquant au club. Je suis prêt à verser ces montants et n’hésiterais pas à engager des biens privés pour faire face à mes engagements.

Mais quand ?
Avec nos actionnaires, nous avons décidé que ces fonds seront débloqués par tranches, une fois que la pérennité du club sera assurée.

N’est-il déjà pas trop tard ?
L’échéance qui compte, c’est celle du début juillet. Quand la ligue se prononcera sur l’octroi des licences, il faudra que le club puisse justifier le versement des salaires et des charges.

Mais comment en a-t-on pu en arriver à un tel fiasco?
M. Schwarz de la ligue suisse nous avait dit que notre club pourrait briguer une place parmi l’élite en continuant de jouer au Forum, moyennant certaines améliorations et en attendant la construction d’une nouvelle patinoire. Avec les actionnaires russes, nous avons alors décidé de mettre le paquet, de faire passer le budget de 3 à 5,5 millions pour tenter la promotion le plus rapidement possible. Nous allons voulu aller vite, trop vite. C’était une erreur.

Pourtant, en février dernier, vous affirmiez que tout allait bien et que le budget serait couvert ?
Le désengagement des partenaires russes et un gros manque de liquidités dans les sociétés du groupe ont modifié la donne.

Ce manque de liquidités est-il dû aux litiges qui ont surgi sur les chantiers des diverses promotions de votre groupe ?
L’élément déclencheur de cette situation tendue a été l’incendie d’un des bâtiments qui arrivait en bout de construction. Cet incident qui ne m’est en tout cas pas imputable nous a fait perdre entre 9 et 12 mois dans notre stratégie d’investissements et plusieurs millions de francs. Le blocage de ce chantier a en effet entraîné des retards dans d’autres promotions et forcément agi sur l’entrée de liquidités.

Plusieurs entreprises de Martigny et la région vous accusent d’ailleurs de les avoir poussé au bord de l’asphyxie?
Avec le maître d’œuvre (le fonds de pension de l’Helvetia), nous nous employons à régler ces différends. Comme avec le hockey, je m’engage à payer tout ce je dois, mais ce que je dois vraiment. Pas ce que certaines entreprises réclament malgré des contrats signés. Des procédures sont en cours pour chiffrer ces montants réellement dus. On sera de toute façon loin des 5 millions d’hypothèques légales avancés par certains.

Ce seraient donc ces autres entreprises qui auraient des torts ?
Je ne vais pas jouer les Calimero. Mais certaines n’ont pas mené leurs travaux convenablement et il n’est pas question de payer pour des malfaçons. Cela étant, j’ai prouvé ces derniers mois que je préférais de bons arrangements à de mauvais procès et que je cherchais toujours des solutions. Lorsque l’incendie a empêché des familles de s’installer dans ce bâtiment, nous avons cherché, trouvé et payé des solutions de relogement provisoire…

Et que répondez-vous à ceux qui vous accusent déjà d’avoir été le fossoyeur du hockey à Martigny?
Que je continue de me battre pour éviter la faillite d’un club que j’aime et qui avait déjà connu pareille mésaventure avant l’arrivée de Mike Echenard. Je rappellerais aussi que mon arrivée à Martigny en tant que sponsor en 2015 a permis de remettre le club à flot et que ma première année de présidence en 2015/2016 s’est soldée sur un bénéfice.