"L'affaire Alkopharma provoque un dégât d'image pour la Banque cantonale du Valais"

La perte enregistrée par la BCVs suite à la faillite de la société Alkopharma a ému les députés. Le conseiller d'Etat Roberto Schmidt a reconnu que cette affaire a porté atteinte à l'image de la banque cantonale. Il a annoncé qu'une enquête interne à la banque est menée pour savoir s'il y a eu un conflit d'intérêts dans cette affaire.
08 mars 2018, 17:19
Avec la faillite d'Alkopharma en 2013, la BCVs aurait perdu 17 millions de dollars.

La société Alkopharma, implantée à Martigny et aujourd’hui en faillite, a bénéficié d’un crédit de 85 millions de la part de la BCVs. Pour la banque cantonale, la perte due à ce prêt devrait s’élever à 17 millions.

Cette société qui a bénéficié de ce prêt de la BCVs a été impliquée dans le scandale de la vente d'un anticancéreux périmé.

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Critique des députés

Le groupe PLR déclare que «l'économie valaisanne se pose des questions légitimes relatives à la différence de traitement qu'a bénéficié Alkopharma en comparaison aux PME locales».

Pour l’Alliance de gauche, «les relations d'amitié entre l'ancien directeur et actuel président de la BCVs (ndlr. Jean-Daniel Papilloud) et le patron d'Alkopharma ont dû faciliter l'octroi de ce crédit.»

Alors que l’UDC déclare «qu'un conflit d'intérêts patent ait pu exister entre le Président du Conseil d'administration de la BCVS et un des principaux animateurs de la société en défaut».

Enquête interne pour savoir s'il y a eu un conflit d'intérêt

Dans sa réponse aux interventions urgentes des députés, le conseiller d’Etat Roberto Schmidt rappelle que la BCVs est une SA soumise à la surveillance non pas des instances politiques valaisannes, mais de la Finma, l’autorité fédérale de surveillance des marchés financiers. La BCVs est soumise au secret bancaire, raison pour laquelle «la BCVs n’a jamais confirmé ni infirmé avoir accordé un prêt à Alkopharma».

Le Conseil d’Etat n’a pas eu d’informations sur cette affaire, mis à part ce qu'il a pu lire dans les médias, mais a demandé aux sept représentants de l’Etat au Conseil d’administration si tout avait été réalisé selon les règles. Ceux-ci ont déclaré qu’un travail interne est en cours pour savoir s’il y avait eu un souci de conflit d’intérêts. Ce travail n’est pas terminé actuellement. 

Le Conseil d'Etat a été interrogé sur sa volonté de donner décharge au Conseil d'administration lors de la prochaine assemblée générale de la banque dont il détient 70% des actions. "La décharge porte sur l’exercice 2017 alors que la faillite d’Alkopharma est antérieure", a répondu le ministre des finances, qui reconnaît que «cette affaire provoque un dégât d’image pour la BCVs».

par Jean-Yves Gabbud