Le canton du Valais lève les mesures de lutte contre la flavescence dorée qui menaçait le vignoble de Fully

Aucun cep malade n’ayant été détecté en 2017 et 2018, le canton du Valais lève les mesures de lutte mises en place à Fully. Les viticulteurs tout de même appelés à demeurer vigilants.
10 déc. 2018, 10:29
Le vigneron Yves Luisier et Guillaume Coupy du Service de la viticulture avaient procédé aux derniers prélèvements de feuilles dans le vignoble de Fully dans le cadre de la campagne de lutte contre la flavescence dorée. Une ultime levée qui a confirmé l'éradication de la maladie.

La menace que faisait peser la flavescence dorée sur le vignoble de Fully est écartée. Les derniers prélèvements effectués sur le terrain n’ont relevé aucun nouveau cas.

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La preuve pour les spécialistes que les mesures appliquées ces derniers mois en collaboration étroite avec les vignerons et pépiniéristes concernés, la commune de Fully et Agroscope ont porté leurs fruits.

Elimination des ceps atteints

«La découverte du premier cas de flavescence dorée de la vigne en Valais en octobre 2016 à Fully a nécessité la mise en œuvre immédiate par notre service d’une série de mesures rendues obligatoires par la Confédération et destinées à l’éradiquer, rappelle Stéphane Emery, collaborateur agro-scientifique auprès du canton. En 2017 et 2018, l’arrachage et l’élimination des ceps atteints, le traitement par thermothérapie des barbues (jeunes plants de vigne) produites dans la commune contaminée, la lutte insecticide contre l’insecte vecteur et une prospection minutieuse du vignoble ont permis d’assainir le domaine et d’écarter tout risque de propagation d’une maladie provoquée par un micro-organisme (phytoplasme) qui entrave la circulation de la sève et induit un dépérissement partiel ou total des ceps atteints.

Apparue sur le territoire suisse en 2004, la présence de cette maladie était limitée au canton du Tessin jusqu’à son apparition au nord des Alpes en 2015 dans deux communes vaudoises. La levée des mesures pour 2019 signifie que les traitements insecticides qui ne devront pas être renouvelés. «Quelques règles de base obligatoires devront néanmoins être respectées scrupuleusement par chaque vigneron afin d’éviter d’importer la maladie via des barbues contaminées», insiste cependant le Service de l’agriculture. En cas de nouvelles plantations, chaque vigneron doit ainsi s’assurer que le passeport phytosanitaire soit adéquat, c’est-à-dire qu’il garantisse une production dans une région d’où la maladie est absente ou une production avec thermothérapie.

A l’avenir, le Service cantonal de l’agriculture va continuer de collaborer avec l’association des viticulteurs valaisans Vitival afin d’intensifier la formation des viticulteurs à la reconnaissance des symptômes de la flavescence dorée qui sont identiques à ceux du bois noir. Le SCA promet aussi de procéder à une surveillance accrue du vignoble afin de détecter précocement d’éventuels nouveaux foyers.

par Pascal Guex