Fully: procès après un accident mortel sur un chantier

Acquitté en première instance, un entrepreneur valaisan était rejugé jeudi par le Tribunal cantonal à la demande de la partie civile et du Ministère public.

12 déc. 2013, 12:51
Assistant de vol chez Air-Glaciers, la victime avait été écrasée par cette paroi de 400 kg en septembre 2009 à Fully.

Accusé d’homicide par négligence, un entrepreneur de Fully risque vingt jours–amende à 50 francs et de lourdes suites civiles après le décès d’un assistant de vol d’Air-Glaciers, écrasé par une paroi préfabriquée de 400 kg, pendant la construction d’une habitation à Fully en septembre 2009.

Pour le Ministère public, la paroi aurait du être solidement amarrée avant d’être décrochée de l’hélicoptère, sur ordre de l’entrepreneur. Selon la défense, qui demande l’acquittement, c’est la victime qui n’a pas respecté les règles de sécurité.

Le souffle de l’hélico

Le Ministère public lui reproche de n’avoir pas tenu compte des remous provoqués par l’hélicoptère au-dessus du chantier et, surtout, de n’avoir pas assuré provisoirement les parois contre un risque de chute entre le moment de leur décrochement de l’appareil et leur fixation à la maison.

Ces parois, de par le mode de pose, ne pouvaient pas tomber à l’intérieur de la maison. Là où se trouvait l’entrepreneur. Mais elles risquaient de chuter à l’extérieur, là où se trouvait la victime. L’acte d’accusation souligne un détail d’importance : en raison d’une pente devant la maison, la victime ne pouvait pas retenir la paroi en équilibre provisoire. Il était à la merci du moindre problème. Et il y en a eu un...

Qui commandait?

Selon le jugement de première instance, le responsable de l’opération de pose des parois est la victime elle-même, seule habilitée à donner l’ordre au pilote de l’hélicoptère de lâcher sa charge. Faux, selon le Ministère public. Pour le procureur André Morand, «dans les faits, après discussion entre l’entrepreneur et la victime, c’est le premier qui donnait l’ordre de lâcher la charge. Un ordre que la victime transmettait ensuite au pilote. Ils s’étaient organisés ainsi. C’est l’accusé qui a assumé cette responsabilité et créé le danger.»

La défense présente une toute autre interprétation, à découvrir dans notre édition de vendredi.