UE: les six pays des Balkans à vouloir rejoindre l'Union ont encore une longue route devant eux

Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a déclaré que la route restait longue pour les pays balkaniques aspirant à rejoindre l'UE. Chaque pays doit remplir un certains nombre de critères.
26 févr. 2018, 08:34
Le président de la Commission a déclaré que "la porte de l'Union européenne était ouverte à de nouvelles accessions quand, et seulement quand chaque pays aura rempli les critères" (archives).

Ils sont six pays des Balkans à aspirer à rejoindre l'UE, mais Bruxelles les a prévenus que la route restait longue. Jean-Claude Juncker a entamé dimanche une tournée qui le mènera en Macédoine, en Albanie, en Serbie, au Monténégro, au Kosovo et en Bosnie-Herzégovine.

Le président de la Commission européenne y répétera la stratégie pour la région dévoilée début février: "La porte de l'Union européenne est ouverte à de nouvelles accessions quand, et seulement quand chaque pays aura rempli les critères", avait-il martelé.

Des critères qui répondent au "besoin de réformes fondamentales" en terme d'Etat de droit et de lutte contre la corruption, ainsi que l'établissement de "bonnes relations de voisinage". Les litiges frontaliers restent légion, héritage de l'explosion sanglante de l'ex-Yougoslavie dans les années 1990.

 

 

Les habitants des Balkans considèrent souvent l'UE comme une promesse d'une prospérité qui leur est inconnue. Rien qu'en 2018, selon la Commission européenne, quelque 1,07 milliard d'euros sont prévus au titre de l'aide à la pré-accession, somme qui s'ajoute aux 9 milliards déjà versés entre 2007 et 2017.

Serbie en pole position

Mais la Commission européenne prévient: l'adhésion ne se limite pas à un projet économique. Avec le Monténégro, la Serbie, le plus grand des pays des Balkans occidentaux, semble la plus avancée avec des négociations ouvertes et même une date possible d'accession envisagée en 2025. Le président de centre droit Aleksandar Vucic voit dans cette date une source de "motivation pour ses citoyens".

Mais il a prévenu les Serbes, dont beaucoup restent attachés à l'alliance historique avec Moscou, qu'il faudrait "prendre des décisions difficiles" sur le Kosovo, dont Belgrade ne reconnaît toujours pas l'indépendance.

Progrès en Albanie

L'échéance est plus nébuleuse encore pour la Macédoine, l'Albanie, le Kosovo et la Bosnie-Herzégovine.

Candidat depuis 2014, Tirana espère ouvrir les négociations cette année encore. Le premier ministre socialiste Edi Rama affirme vouloir "progresser rapidement et, pourquoi pas, rejoindre l'UE en même temps" que la Serbie. A ses yeux, l'UE est le meilleur moyen de mettre un terme aux interminables tensions dans les Balkans.

"La balle est dans notre camp", prévient l'analyste albanais Lutfi Dervishi, se référant à la lutte contre le crime organisé et la corruption.

 

 

"Salle d'attente"

Quant à la Macédoine, elle devra résoudre le différend sur son nom qui l'oppose depuis 25 ans à la Grèce, pour espérer lever le veto d'Athènes. Les discussions semblent progresser. Le premier ministre social-démocrate Zoran Zaev veut croire que son pays "est sur la bonne voie" et a bon espoir de "rattraper la Serbie et le Monténégro". Mais le ministre macédonien des affaires étrangères, Nikola Dimitrov, a récemment évoqué le sentiment désagréable de ses concitoyens de se sentir "coincés dans la salle d'attente".