Reto Ziegler a les clés de l’Europe

Le défenseur du FC Sion a déjà goûté au football russe et à une demi-finale européenne dans sa carrière.
21 sept. 2015, 14:02
St-Maurice, le 16.09.2015. Le FC Sion s' entraine a St-Maurice avant son match de demain soir contre les Russes en Coupe UEFA. (Christian HOFMANN)

 Le FC Sion a St-Maurice

La fiche individuelle la plus riche du FC Sion en compétition européenne appartient à Didier Tholot. Elle comprend une finale de la Coupe UEFA disputée en 1996 avec Bordeaux contre le Bayern Munich. Une double confrontation favorable aux Bavarois. Reto Ziegler pointe à une petite ligne du palmarès de son entraîneur. Il atteint les demi-finales de l’Europa League en 2013 sous le maillot de Fenerbahce.

Le club stambouliote affronte le Benfica Lisbonne. Il s’impose lors de la première manche sur les rives du Bosphore (1-0). Au Portugal, Cardozo inscrit un troisième but décisif pour les Lisboètes à l’entrée de la dernière demi-heure (1-3). «Nous avons vu la finale s’envoler. Sortir à ce stade de la compétition est terrible, se souvient le Vaudois qui dispute les deux rencontres dans leur intégralité. Tu es à une vingtaine de minutes de la dernière marche et tu te retrouves les mains vides. Tu te demandes si ta carrière te donnera encore une possibilité d’être aussi proche de cet aboutissement. La déception était énorme, la fierté aussi. Mais nous n’avions pas de regrets. Nous avions exploité tout le potentiel disponible sur ce match avec les absences de trois éléments clés.» L’expérience issue de ce parcours sera un atout supplémentaire pour le FC Sion au moment d’aborder le premier match de poules européennes de son histoire contre Rubin Kazan.

Un passage en Russie

Reto Ziegler pourra également tuyauter ses coéquipiers sur le football russe. Ses crampons ont foulé les pelouses de la Russie avec le Lokomotiv Moscou en automne 2012. «Ce championnat est méconnu chez nous parce que les télévisions ne le montrent pas, explique le joueur de l’équipe valaisanne. Le jeu est athlétique, engagé physiquement et avec un rythme élevé. Les clubs possèdent des moyens financiers qui ont mis à la mode le séjour en Russie. Cet argent leur a permis de recruter de très bons joueurs étrangers qui font la différence. Les équipes sont très bien organisées.» Le Suisse n’avait pas connu le voyage au Tatarstan, le calendrier avait programmé la confrontation entre les deux clubs dans la capitale. «Rubin évolue sur ce mode engagé. Ils savent être solides, nous le savons aussi. Ce sera un match équilibré.» Le maillot sédunois sera le sixième enfilé par Reto Ziegler dans cette compétition. «Je me réjouis de l’aborder avec un club qui lui accorde une grande importance. Ce n’est pas toujours le cas, notamment en Italie où on aligne parfois une deuxième garniture.»

Une vitrine exceptionnelle

La ligue européenne pourrait devenir la passerelle la plus fiable à emprunter pour retrouver le chandail national. Lors des deux dernières échéances contre la Slovénie et face à l’Angleterre, l’approche de Vladimir Petkovic s’est arrêtée à une préconvocation. «L’envie de retrouver la sélection me motive à chaque sortie, explique un joueur dont le curriculum recense trente-cinq capes. Plus que les performances individuelles, les résultats de l’équipe jouent un rôle essentiel pour être retenu. Même si je suis bien et le FC Sion perd, je ne retiendrai pas l’attention.»

Les rendez-vous face au Rubin, Bordeaux et Liverpool offriront une exposition bien plus intense que tous les matchs du championnat national. «Cette vitrine a une résonance exceptionnelle pour un joueur. A condition de ne pas oublier que la mise en valeur passe par le service du collectif. Ignorer cette vérité est la certitude de manquer son objectif.» Remis dans le sens de la marche en Super League, Reto Ziegler et le FC Sion espèrent s’engager sur le bon chemin continental. Une routine pour le défenseur, une découverte totale pour le club.

par Stéphane Fournier