Le pape prononce sa bénédiction "Urbi et Orbi"

Le pape appelle à une solution en Syrie et dans les autres conflits à travers le monde. Il s'est montré très préoccupé par la situation syrienne et a adressé un message aux Chinois, les incitant au respect des religions.
06 août 2015, 15:25
Le pape à prononcé sa traditionnelle bénédiction "Urbi et Orbi" devant des milliers de fidèles.

 Benoît XVI, lors de sa bénédiction "Urbi et orbi" de Noël, a lancé mardi une supplique pour la fin du bain de sang en Syrie. Il a aussi condamné les attentats islamistes en Afrique et tendu la main à la Chine pour qu'elle s'ouvre au christianisme, dans un climat mondial lourd de violences inter-religieuses.

"Oui, que la paix germe pour la population syrienne, profondément blessée et divisée par un conflit qui n'épargne pas même les personnes sans défense et fauche des victimes innocentes", a lancé le pape de la loggia de la basilique Saint-Pierre à Rome. Il s'exprimait peu après midi devant des dizaines de milliers de fidèles réunis par un temps couvert et doux sur la place Saint-Pierre.

"Je fais appel pour que cesse l'effusion de sang, que soient facilités les secours aux personnes déplacées et aux réfugiés et que, par le dialogue, soit recherchée une solution politique au conflit", a déclaré le Saint-Père.

Le cardinal Robert Sarah, "ministre" du pape pour les oeuvres humanitaires, a expliqué l'hostilité du Saint-Siège à toute intervention étrangère armée: "L'Eglise souhaite que des actions militaires comme ce qui s'est passé en Irak, en Libye, en Côte d'Ivoire, ne se répètent plus".

Les quelque 1,8 million de chrétiens de Syrie, effrayés par la montée de l'islamisme, se trouvent souvent entre deux feux. Samedi, un bataillon rebelle menaçait d'attaquer deux villages chrétiens si leurs habitants n'en chassaient pas l'armée.

Moyen-Orient "meurtri"

L'appel du pape a été étendu aux Israéliens et Palestiniens pour qu'ils "entreprennent avec détermination le chemin de la négociation". Le pape a fait écho à l'exhortation pressante lundi soir, à Bethléem, par le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal.

"J'invite les politiciens et les hommes de bonne volonté à travailler résolument pour un projet de paix et de réconciliation qui embrasse la Palestine et Israël, et ce Moyen-Orient meurtri", avait exhorté Mgr Twal.

Devant une place Saint-Pierre comble, Joseph Ratzinger a exprimé dimanche sa préoccupation pour l'Égypte, pays arabe où les chrétiens - coptes - sont les plus nombreux, "où les citoyens doivent construire ensemble une société fondée sur la justice, le respect de la liberté et de la dignité de chaque personne".

Tensions avec Pékin

Benoît XVI a lancé plusieurs appels pour mettre fin aux violences islamistes en Afrique, du Nigeria au Kenya, en passant par le Mali, et au conflit négligé du Kivu, en République démocratique du Congo.

Benoît XVI s'est adressé aussi aux "nouveaux dirigeants chinois" pour qu'ils "mettent en valeur l'apport des religions". Des tensions sont apparues ces dernières années entre Chine et Vatican.

Catholiques et protestants en Chine progressent, mais ils sont facilement accusés par le pouvoir d'être importés par les puissances étrangères.

Persécutions et discriminations

La naissance de Jésus a été fêtée joyeusement dans la majorité des pays du monde: crèches, messes de Noël. Mais parfois, un climat de peur et d'oppression régnait.

A Bagdad, dans l'église Notre-Dame du Salut qui a rouvert deux ans après l'attentat meurtrier d'octobre 2010, plusieurs centaines de fidèles étaient présents pour prier pour la paix, alors que les tensions inter-religieuses restent fortes.

En Indonésie, à proximité de Jakarta, plus de 200 musulmans indonésiens ont lancé des oeufs pourris sur des chrétiens protestants qui voulaient tenir la messe de Noël sur un terrain où ils souhaitent construire une église

Selon le Vatican, les chrétiens sont l'objet de nombreuses persécutions et discriminations dans le monde, de l'Égypte au Pakistan, du Soudan aux monarchies du Golfe.

Indulgence

Dans son homélie la veille dans la basilique Saint-Pierre, le pape avait reconnu que "le monothéisme" a pu "servir de prétexte à la violence" et qu'"une religion peut devenir malade" quand l'homme "fait de Dieu sa propriété privée".

Dimanche, il a accordé son indulgence plénière - pardon des pêchés - aux millions de téléspectateurs qui le regardaient. Il a aussi souhaité un joyeux Noël en 65 langues, dont l'espéranto.