Entre 20 et 40% des requérants d'asile disparaissent dans la nature

En moyenne, entre 20 et 40% des requérants d'asile qui font une demande en Suisse disparaissent dans la nature sans laisser de trace et poursuivent leur quête dans un autre pays.

04 sept. 2016, 17:20
Les migrants repartent sans laisser de trace avant même d'avoir été enregistrés en Suisse (illustration).

Les requérants d'asile sont plus nombreux à s'évanouir dans la nature avant de voir leur demande pleinement enregistrée. Entre 20 et 40% des personnes ayant indiqué aux autorités qu'elles comptaient demander l'asile ont disparu ces trois derniers mois.

Le phénomène des requérants qui repartent de manière incontrôlée des structures du Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) avant l'enregistrement formel de leur demande d'asile n'est pas nouveau, a souligné Céline Kohlprath, porte-parole du SEM, revenant sur des informations publiées dans Le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung.

Cet été, la proportion de migrants "prétendant vouloir déposer une demande d'asile en Suisse, puis en profitant pour repartir aussi vite que possible de manière irrégulière pour poursuivre leur voyage" est particulièrement élevée. En juin, juillet et août, de 20 à 40% de toutes les personnes qui ont dit vouloir déposer une requête ont disparu.

Le SEM perçoit la hausse de ces comportements comme "la conséquence d'un système d'asile contrôlé et conséquent".

Initiatives à Chiasso

De nombreux requérants arrivent en ce moment en Suisse depuis la frontière sud. Dans le centre d'enregistrement et de procédure de Chiasso (TI), on tente d'empêcher ces disparitions en accélérant l'inscription des informations sur les demandeurs d'asile dans les bases de données Dublin, "ce qui ne se révèle pas toujours efficace", selon Mme Kohlprath.

S'il n'y a pas assez de places dans le centre de Chiasso, les demandeurs d'asile sont transférés depuis cet été en bus, pour la plupart, dans les autres centres similaires. Les autorités veulent par là prévenir toute fuite en chemin.