Diabète: l’entourage en renfort

Pour la personne souffrant de diabète, pouvoir compter sur ses proches est important. Ils peuvent encourager, soutenir ou encore aider aux soins.

11 nov. 2015, 23:31
/ Màj. le 12 nov. 2015 à 00:01
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Lorsque le diagnostic du diabète tombe, la personne doit tout d’abord faire un chemin pour accepter la maladie et ensuite se l’approprier. Puis, rapidement, elle va devoir apprendre à la gérer 365 jours par an… Dans son parcours, elle devra faire preuve de ténacité et d’une attention continue. Pas question d’oublier le diabète pour quelques jours ou pour quelques semaines au risque de voir sa santé se détériorer. La journée mondiale du diabète, le 14 novembre, rappelle d’ailleurs cette réalité du quotidien de tous les diabétiques au grand public.

Cette maladie chronique est contraignante. «Les patients peuvent traverser des périodes où tout se passe bien et d’autres périodes où ils sont découragés», note la Doctoresse Gabriella Arnold-Kunz, diabétologue à Sion. C’est pourquoi l’entourage de la personne diabétique a un rôle essentiel à jouer que ce soit pour un diabète de type 1 ou de type 2. Pour mémoire, le diabète de type 1 est une maladie auto-immune qui touche principalement des jeunes de moins de 20 ans. Il est plus complexe à traiter, plus rare et différent du diabète de type 2. Ce dernier apparaît généralement après 40 ans en raison d’un surpoids, d’une alimentation déséquilibrée, d’un mode de vie sédentaire ou de facteurs héréditaires.

On l’a dit, l’entourage a un rôle important à jouer. Le proche aidant va pouvoir encourager la personne à suivre son traitement. Il va aider ou motiver la personne à faire ses contrôles de glycémie ou encore lui faire ses injections d’insuline si besoin. En étant bien informé sur la maladie, le proche aidant saura comment réagir en cas de crise d’hyper ou d’hypoglycémie.

Enfant et adolescent

Pour l’enfant diabétique, les parents sont très engagés. Ils se chargent des injections d’insuline, des contrôles journaliers avec l’enfant et du comptage des hydrates de carbone à chaque prise alimentaire. «Si l’enfant est bien entouré, nous constatons qu’il a de grandes capacités d’adaptation», poursuit la doctoresse. L’enseignant doit également être informé de l’état de santé de l’enfant. «Il saura gérer une éventuelle crise. C’est très important et ça ne lui demande pas un investissement démesuré, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer», souligne Alexandra Quarroz, coordinatrice de l’Association valaisanne du diabète. «C’est bien également de lui apprendre à parler de sa maladie avec les autres dès le plus jeune âge, de ne pas en faire un tabou. Cela participe à une bonne prise en charge», note la doctoresse Arnold-Kunz. A l’adolescence, il apprend petit à petit l’autonomie dans la gestion de la maladie. «Le coaching des parents doit se faire plus discret. C’est une période un peu plus difficile. Les parents doivent lui lâcher les baskets et en même temps, ils s’inquiètent pour la santé de leur enfant, concède Alexandra Quarroz. Il faut dire aussi que lors de conflits avec les parents, il met plus facilement en avant sa maladie», complète la doctoresse.

Adulte et personne âgée

L’adulte, quant à lui, est autonome. Il aura besoin ponctuellement de soutien de son conjoint ou de ses proches. A côté de cela, il est important pour lui d’informer ses collègues de travail toujours dans le but de pouvoir repérer les signes d’hypo ou d’hyperglycémie et apporter de l’aide si besoin. «Souvent, l’adulte cache sa maladie de peur d’une discrimination. Prenez l’exemple d’un chauffeur. Il peut avoir peur de perdre son travail s’il fait une crise», explique Alexandra Quarroz. Pourtant, si le diabète est bien géré et que les collègues sont informés, l’impact de la maladie est minime. Enfin, la personne âgée qui souffre de démence, qui a un problème psychomoteur ou ne voit pas très bien, n’arrive plus toujours à gérer la maladie seule. «Dans ces cas, c’est important de laisser prendre le relais à l’entourage. Un proche pourra prendre en charge le traitement», note la doctoresse. A l’avenir, les proches aidants prendront toujours plus d’importance puisque la maladie chronique ne cesse de progresser. Afin de retarder son apparition ou de l’éviter, il est recommandé d’adopter un mode de vie sain avec une alimentation équilibrée et une activité physique notamment.

L’Association valaisanne du diabète organise sa traditionnelle journée annuelle d’information le 21 novembre 2015 avec de nombreuses conférences.

Le proche aidant, héros méconnu L’entourage joue un rôle essentiel pour motiver la personne diabétique à prendre soin d’elle. Georges Cimarelli, infirmier aux Hôpitaux universitaires genevois viendra en parler.

Le diabète et la grossesse Cette forme de diabète se retrouve chez 10 à 15% des femmes enceintes. C’est l’une des complications les plus fréquentes de la grossesse. La Dresse Jardena Puder du CHUV donnera des informations à ce sujet.

Orthopédie et douleurs Le diabète peut engendrer des douleurs dites neurogènes, comme des douleurs aux mains ou aux pieds. Deux conférences traiteront de cette thématique. Le Dr Pierre Arnold, neurologue, donnera notamment des pistes pour soulager la douleur.

Témoignage Martine, diabétique de type 1, viendra raconter comment elle a relevé le défi de partir faire trois mois de randonnée avec son mari.

par Lysiane Fellay