Crise migratoire: un centre de réfugiés à Madrid vit une importante mutinerie

Des migrants, résidants d'un centre de rétention à Madrid, ont déclenché mardi soir une mutinerie. Ils ont protesté contre leurs conditions de détention.

19 oct. 2016, 07:52
/ Màj. le 19 oct. 2016 à 08:04
Des réfugiés manifestent contre leurs conditions de détention. (Illustration)

Une quarantaine de migrants se sont mutinés mardi dans un centre de rétention de Madrid, sans faire de blessés. Ils sont finalement descendus mercredi matin du toit où ils avaient passé la nuit pour protester contre leurs conditions de rétention, a annoncé la police.

Du haut du toit-terrasse, les étrangers sans titre de séjour scandaient "liberté" en espagnol et avaient déployé une banderole portant ce mot, a constaté un photographe de l'AFP.

"A la suite d'une négociation, ils ont accepté de descendre, il n'y a pas eu à employer la force", a assuré un porte-parole de la police. Il a cependant refusé d'expliquer sur quoi avaient porté les négociations, présentées comme "une affaire interne".

Selon la police, des migrants avaient cassé des meubles jusqu'à se frayer un chemin vers le toit, mais "ils n'avaient pas d'armes". "Il n'y a pas de blessés", avait assuré mardi soir la porte-parole de la mairie de Madrid dirigée par des partis de gauche depuis 2015.

Le conseiller municipal Javier Barbero, chargé de la santé et de la sécurité, avait dénoncé ces centres de rétention, qu'il avait qualifiés d'"institution en échec". Il avait également dénoncé "l'opacité de la gestion de cette situation".

 

Fermeture réclamée

Certaines organisations des droits de l'Homme font campagne pour la fermeture des centres de rétention en Espagne, y dénonçant les mauvaises conditions de séjour.

Quelque 6500 personnes sont passées en 2015 par les sept centres du pays, selon un rapport diffusé en septembre par une ONG. En août, une quinzaine de migrants avaient réussi à s'enfuir du centre de rétention d'Aluche. "Cette fois, aucun n'a pris la fuite", selon le porte-parole de la police.

Début octobre, 67 migrants s'étaient enfuis d'un autre centre de rétention, à Sangonera, près de Murcie (sud-est).