Clause de sauvegarde activée: droite satisfaite, gauche perplexe

Le Conseil Fédéral a activé la clause de sauvegarde à la libre circulation des personnes mercredi. Tandis que la droite se félicite de cette décision, la gauche parle d'effet placebo.

24 avr. 2013, 19:25
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En activant mercredi la clause de sauvegarde à la libre circulation des personnes, le Conseil fédéral a tenu sa promesse au peuple, se félicitent les partis de droite. A gauche en revanche, on parle d'effet placebo, Verts et PS appelant plutôt à un renforcement des mesures d'accompagnement.

En fait, chacun reconnaît que ce retour aux contingents de travailleurs étrangers limité dans le temps n'aura que peu d'effets sur l'immigration.

Mais les partis de droite s'en satisfont plus ou moins. L'activation de la clause était prévue à certaines conditions et celles-ci sont remplies.

Situation intérieure privilégiée

Le PLR souligne aussi que l'extension de la clause de sauvegarde à l'ensemble des pays de l'UE et plus seulement aux huit de l'Est a le mérite de répondre aux accusations de discriminations entendues l'an dernier, a dit son président Philipp Müller. Il n'empêche, le fait d'avoir privilégié la situation intérieure aux contingences extérieures ne va pas faciliter la politique étrangère de la Suisse, admet-il.

Comme la gauche, les partis bourgeois admettent que la décision gouvernementale est avant tout justifiée par des considération de politique intérieure, en particulier pour combattre l'initiative populaire de l'UDC "pour lutter contre l'immigration massive". Elle renforce la confiance du peuple envers ses autorités, ce qui sera nécessaire lors des prochaines votations sur des thèmes migratoires, affirme le Parti bourgeois-démocratique.

Le jeu de l'UDC, craint le PS

Une "politique de façade" tactique à laquelle le PS ne croit pas. "Se projeter dans l'avenir avec la seule activation de la clause de sauvegarde joue le jeu de l'initiative populaire de l'UDC "contre l'immigration de masse", écrit le PS. Et l'UDC justement de profiter de mettre en avant son texte.

Vendue au peuple comme l'"arme miracle" à l'époque de la libre circulation, la clause de sauvegarde montre cependant ses limites, notamment dans la durée, écrit l'UDC dans un communiqué. Et le parti d'affirmer que seule son initiative est à même de véritablement maîtriser l'arrivée d'étrangers en Suisse.

Clause permanente

Le PDC a d'autres idées. Sa limitation dans la durée étant un des principaux défauts de la clause de sauvegarde, les démocrates-chrétiens ont présenté lundi l'idée, lancée par son président Christophe Darbellay, de négocier avec l'UE une clause de sauvegarde permanente. Une solution qui ne correspond pas à une réintroduction des plafonds annuels des travailleurs étrangers comme la réclame par exemple l'UDC.

La gauche est elle favorable à un tout autre chemin qui ne limite pas l'immigration mais la maîtrise. "Si l'immigration est aussi forte, c'est que les entreprises en Suisse sont dépendantes des forces de travail étrangères et qu'elles en sont donc demandeuses", constatent en effet les socialistes.

Mesures d'accompagnement

Le PS et les Verts réclament des mesures d'accompagnement. Ils les voient tant dans le marché du travail que dans le marché immobilier, les infrastructures et la formation. Salaires minimaux, coopératives d'habitation, offensive en matière de formation, augmentation des contrôles, les moyens ne manquent pas.

Les Vert'libéraux également estiment qu'on ne va pas faire l'économie d'un nouveau débat. Plutôt sceptique face à l'activation de la clause de sauvegarde, son président Martin Bäumle attend du Conseil fédéral qu'il réfléchisse à des solutions à mettre en oeuvre d'ici une année, quand les contingents devront être à nouveau levés.