Chez Paou a des artistes de talent

A la galerie La Treille à Sion, les œuvres de l'atelier "16art" de Chez Paou valorisent ces artisans, cabossés de la vie. L'exposition visible jusqu'au 14 octobre redonne vie à des objets abandonnés.

09 oct. 2017, 14:27
/ Màj. le 09 oct. 2017 à 16:00
Georges Antoniotti et Sergio « exposés » et exposent à La Treille à Sion. Des visages vrais et forts.

L’exposition visible jusqu’au 14 octobre à la galerie La Treille à Sion est un véritable défi et une forme de renaissance: «L’existence n’est pas pour tous un long fleuve tranquille. Les cabossés de la vie de Chez Paou en savent quelque chose», affirme Jacques Gasser, organisateur  de cette rencontre inédite. «Pour eux, il est primordial de pouvoir se reconstruire après des parcours chaotiques qui les ont souvent fait douter d’eux, ne plus croire en rien et même se mettre en état de révolte.» 

L'atelier 16art leur propose  une démarche originale, qui consiste à donner une nouvelle vie «à des objets abandonnés au bord du chemin, un peu comme leurs auteurs souvent  trop seuls, et leur apporter un second souffle, une envie de vivre, un esprit positif», reprend le responsable de l’atelier de Chez Paou. Une entreprise «rédemptrice» pour ces artisans-artistes qui récupèrent et réhabilitent ces matériaux abîmés pour en faire des objets utilitaires et des sculptures.

L’expo de la Treille valorise leur engagement  dans cette expérience étonnante. En parallèle, le photographe David Fournier a immortalisé les visages de ces créateurs et les expose aussi à la galerie.

Une grande famille soudée

Le parcours de vie de Georges Antoniotti, l’un de participants, est éloquent et sa présence dans cette expo forte et symbolique: «Après avoir eu des gros soucis de santé, je me suis retrouvé dans la dèche, sans logement. Chez Paou a été pour moi un port d’attache.»

La participation à «16art»? Il l’évoque avec enthousiasme: «Ces créations que nous montrons à La Treille représentent une grande satisfaction. Avec «16art», j’occupe mes journées, je pense à autre chose. Et comme je suis très sociable, ça me permet de créer des liens. Cela fait maintenant sept ans que je suis indépendant mais je viens régulièrement fabriquer des sacs à main, des sacs, des trousses de crayons.» Une grande famille en quelque sorte que ce sexagénaire apprécie et qui lui tient le moral au beau fixe.

Pour Sergio qui a réalisé toutes les soudures des pièces en métal, «il règne une bonne ambiance dans l’atelier, on se retrouve entre copains. Il y a aussi une certaine liberté qui est très sympathique.»