"Je ne suis pas inquiet pour l'avenir"

A une semaine du départ, Christian Dubuis, son patron, évoque le futur championnat d'Europe dans lequel l'épreuve valaisanne n'apparaît plus. Pour autant, le Rallye n'est pas menacé.

18 oct. 2012, 00:01
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A une semaine des premiers tours de roues du Rallye du Valais (du 25 au 27 octobre), Christian Dubuis fait le tour des nouveautés de cette 53e édition, le plateau des engagés et, surtout, les conséquences de la fusion entre l'IRC Series et le championnat d'Europe. A ce jour, la manifestation valaisanne n'apparaît pas dans ce calendrier. Mais son patron n'est pas inquiet pour autant.

Evoquons l'avenir. L'IRC a fusionné avec le championnat d'Europe (ERC), géré par Eurosport. Or, vous n'apparaissez pas dans le calendrier 2013...

Ce calendrier n'a encore rien d'officiel. On sait que certai nes manches IRC, déjà sous contrat avec l'organisateur, seront transférées en championnat d'Europe alors qu'elles n'ont pas les coefficients que nous avons. Le Rallye du Valais est noté parmi les cinq, voire trois meilleures épreuves du championnat d'Europe.

Mais pourquoi les promoteurs ne sont-ils pas venus vers vous?

J'ai eu un contact avec un responsable de cette société. On m'a clairement dit qu'en raison d'une collision de dates avec le Rallye d'Espagne, les deux épreuves se déroulant en même temps, le "Valais" ne pouvait pas figurer au calendrier du championnat d'Europe. Je ne comprends pas pourquoi la Fédération internationale n'a pas tenu compte de nos dates, toujours identiques d'une année à l'autre. De notre côté, il est exclu de changer pour 2013. Tout est déjà réservé. Il est envisageable de modifier les dates dès 2014, sous certaines conditions.

Etes-vous inquiet?

Non, ça ne me fait ni chaud ni froid. Il faut savoir que les droits d'entrée exigés par Eurosport sont très élevés. Nous pourrions l'assumer financièrement. Mais je ne vois pas pourquoi nous devrions payer autant alors que nous avons déjà entrepris de gros efforts pour améliorer nos structures. Aujourd'hui, c'est le flou le plus total. Cette situation ne m'empêche toutefois pas de dormir. En 2008, quand nous avons quitté l'IRC, certains ont prétendu que nous étions morts. Or, nous ne nous sommes jamais mieux portés qu'aujourd'hui.

Admettons que vous ne soyez plus intégrés au championnat d'Europe. Quelles seraient les conséquences?

Il n'y en aurait aucune. A la limite, je préfère être présent en direct sur des chaînes thématiques qu'en différé, tard le soir, sur Eurosport. Cette dernière exigerait l'exclusivité alors qu'aujourd'hui, nous avons une totale liberté à ce niveau-là. D'ailleurs, nous sommes très contents de notre visibilité actuelle. Ces retombées me coûtent entre 70 et 80 000 francs alors que les tarifs d'Eurosport sont proches des 400 000 francs pour le rallye de Corse, par exemple. Je n'exclus pas d'intégrer ce championnat mais pas à n'importe quel prix. Et surtout, je ne m'abaisserai pas devant certaines conditions.

Revenons à cette édition. Pour la première fois, vous partirez donc de Sion...

En raison de la présence du cirque Knie à Martigny et de notre obligation de commencer le mercredi, nous étions à l'étroit au CERM. Nous avons donc obtenu le soutien de la Ville de Sion jusqu'en 2014 ainsi que de l'armée et du canton pour la place d'armes. Jeudi, nous resterons donc sur la rive droite du Rhône, près de Sion avec la spéciale des Casernes en soirée. Vendredi, nous explorerons la rive gauche, toujours dans le centre. Et samedi, nous resterons dans la région de Martigny.

Ainsi, il y aura moins de liaisons...

Beaucoup moins. En 2011, il y avait 280 kilomètres de compétition pour un total de 800 kilomètres. En 2012, il y aura 300 kilomètres de spéciales pour un total de 650 kilomètres. Le ratio est de 45%-55%. C'est exceptionnel.

Au niveau des spéciales, quelles sont les nouveautés?

La spéciale de Chalais-Vercorin-Mase, abandonnée en 2011, est de retour. Sinon, la plus grosse nouveauté concerne la spéciale de La Croix-de-Coeur, entre Verbier et La Tzoumaz. Depuis 1996, elle n'avait plus jamais été aussi longue: 31,5 kilomètres. Ça ne fait que monter et descendre. Selon les conditions, elle peut être importante pour le général. Mais elle ne sera pas forcément décisive puisque derrière, les pilotes enchaîneront avec les Cols (37,7 km) et le col des Planches (25,3 km).

Pourquoi des spéciales aussi longues?

C'est une volonté de notre part. En tout, il y a 300 kilomètres de spéciales, soit bien plus que le minimum requis. Nombreux sont ceux qui préfèrent venir en Valais que de disputer trois manches du championnat de Suisse qui, à eux trois, n'atteignent pas ce kilométrage. Nous avons également des partenaires importants dans la région de Verbier-Saint-Bernard et nous entendons leur offrir un retour intéressant. D'ailleurs, le public aura la possibilité de rallier Verbier, les Ruinettes ou la Chaux pour 15 francs.

L'enjeu sportif, cette année, n'est-il pas moindre puisque les titres du championnat de Suisse et du championnat d'Europe sont déjà attribués?

Un peu mais le grand public s'intéresse surtout à voir passer un maximum de voitures. Il y a quand même des places encore à prendre dans les deux championnats, au général. Les divers trophées ne sont pas tous joués non plus.

La participation en pâtit-elle?

Non, nous devrions accueillir une petite centaine d'équipages. Les Suisses nous sont toujours fidèles. Globalement, le plateau est même supérieur à celui de 2011 puisque nous aurons une quinzaine de S2000 contre huit, l'année passée.

Quelles seront les têtes d'affiche?

Au niveau suisse, les meilleurs pilotes seront présents à l'exception d'Ivan Ballinari, deuxième du championnat de Suisse. Je regrette son absence. Avec Nicolas Althaus, ils se seraient livrés à une belle bataille en toute décontraction. Sinon, une quinzaine d'équipages étrangers sont annoncés. Parmi eux, le Belge Pieter Tsjoen pilotera une Citroën DS3 RRC en première mondiale. Médiatique ment, l'intérêt sera bien là pour les spécialistes. En plus, c'est une voiture compétitive qui peut lutter pour la victoire. Il aura toutefois un handicap important, celui de ne pas connaître les spéciales du Rallye du Valais puisqu'il vient pour la première fois.

Un Valaisan, entre Sébastien Carron ou Florian Gonon, peut-il s'imposer?

Ils joueront les premiers rôles. Mais c'est difficile d'affirmer qu'ils peuvent gagner. Il y a tellement de paramètres et d'inconnues qu'un pronostic est toujours délicat.