Directeur d’EMS viré

Le comité de la Providence a licencié le directeur de l’institution. Ouf de soulagement du personnel qui avait dénoncé sa gestion.
21 sept. 2015, 14:02
RÈsolument moderne, le nouvel EMS d'OrsiËres, construit dans le secteur de La Proz, entre le terrain de football, le cycle d'orientation et le centre scolaire primaire, fait l'unanimitÈ auprËs de ses utilisateurs.

Le Nouvelliste

L’affaire de l’EMS de la Providence connaît un premier épilogue. «Le directeur vient en effet d’être licencié pour justes motifs», nous a confirmé le président Jean-Pierre Guex, hier au sortir d’une séance du comité de direction de l’institution qui gère les sites de Montagnier et d’Orsières.

Comportements illicites?

Il est notamment reproché à ce désormais ancien cadre «des lacunes managériales, des comportements déplacés voire illicites vis-à-vis du personnel soignant.» Autre grief retenu: le directeur est accusé de n’avoir pas tenu compte des signaux d’alarme lancés par deux médecins répondants dont il a écarté le rapport d’audit dénonçant des insuffisances en termes de dotation de personnel. Des accusations sur lesquelles le principal intéressé – toujours en arrêt maladie – n’a pas voulu s’expliquer malgré nos réitérés appels.

Le sort de l’infirmier-chef également mis en cause par une partie des employés d’une institution qui accueille 135 résidents et emploie 180 collaborateurs sur ses deux sites de Montagnier/Bagnes et Orsières n’a par contre pas été évoqué. «Comme il se trouve toujours en arrêt maladie, nous statuerons sur son cas à son retour.»

Stabilité retrouvée

En pleine zone de turbulences, la maison de la Providence continue bien sûr de fonctionner. «Elle a même retrouvé stabilité et sérénité sous la direction par intérim de M. Eric Lascombe», se réjouit Jean-Pierre Guex. Membre du groupe BOAS, le responsable provisoire dirige deux autres établissements du même genre en Suisse romande. «Il a heureusement pu se libérer en partie de ses obligations pour s’investir à fond dans la gestion de l’EMS de la Providence. A la satisfaction générale», précise Jean-Pierre Guex en rappelant que la qualité des soins dispensés aux résidents demeure la priorité de tous. Le mandat de M. Lascombe – qui a déjà permis de répondre aux exigences posées par l’Etat du Valais, notamment au niveau de la dotation en personnel avant l’échéance de deux mois – n’en restera pas moins limité dans le temps. «M. Lascombe va rester en place jusqu’à la nomination d’un nouveau directeur. Le processus de désignation va être lancé prochainement.»

Effectifs insuffisants

C’est cet été que le grand public a appris que la maison de la Providence traversait une zone de turbulences. Le 20 août dernier, «Le Nouvelliste» révélait ainsi qu’une partie du personnel de soins du site d’Orsières – dix-sept collaborateurs sur un total de vingt-deux – avait fait parvenir une lettre de contestation à tous les présidents des communes d’Entremont, au comité de direction de l’EMS, à la conseillère d’Etat Esther Waeber-Kalbermatten, au préfet Jean- Maurice Tornay et à l’Inspectorat cantonal du travail. Les employés se plaignaient «de la dégradation de leurs conditions de travail». Insuffisance en matière d’effectifs, obligation de faire des heures supplémentaires, contestation d’une série de décisions de la direction ayant trait, entre autres exemples, au nombre de tenues à disposition ou à la mise sous clef de certains produits désinfectants: tels étaient les griefs adressés à l’encontre du directeur de l’EMS et de l’infirmier-chef qui faisaient simultanément part de leur arrêt maladie au comité de direction de la Providence, le lendemain de l’envoi de la lettre.