Affaire Alkopharma: la BCVs lance une action contre Jean-Daniel Papilloud

La BCVs a perdu plus de 21 millions dans l'affaire Alkopharma, elle se retourne aujourd'hui contre son ancien président Jean-Daniel Papilloud.
10 déc. 2018, 20:47
Jean-Daniel Papilloud sera inquiété par la justice dans le cadre de l'affaire Alkopharma.

La Banque cantonale du Valais a décidé de lancer une procédure civile contre l’ancien président de son conseil d’administration, Jean-Daniel Papilloud.

Dans un communiqué diffusé lundi soir, la BCVs indique qu’elle a demandé des experts externes, en l’occurrence Ernst & Young, sur l’affaire Alkopharma, du nom de cette société qui a fait faillite et qui a été impliquée dans une affaire de vente de médicaments anticancéreux périmés.

La banque déclare que selon les experts indépendants «les faits recueillis sont suffisants pour mettre en cause la responsabilité civile d’un ancien organe de la banque, qui agissait alors en qualité de Président de la Direction générale», soit Jean-Daniel Papilloud, qui est aussi l’ancien directeur de la banque et un proche de l’ancien patron d’Alkopharma à qui la banque a octroyé un prêt.

Selon la BCVs, la perte pour la banque cantonale dans cette affaire s’élève à 21,6 millions. Par son action en justice, elle entend récupérer l’argent perdu.

L’établissement bancaire ajoute que la perte liée à l’affaire Alkopharma a déjà été comptabilisée lors d’exercice précédent et qu’elle n’interfère pas dans l’exercice en cours.

Le Conseil d’Etat prend acte

Le Conseil d’Etat a réagi à ce communiqué de la BCVs par un second communiqué dans lequel il précise ne pas être organe de contrôle de la banque et qu’il ne peut pas, secret bancaire oblige, s’engager dans l’opérationnel de l’établissement, ni obtenir des informations sur les relations entre la banque et ses clients.

Le Gouvernement prend donc simplement acte de la situation et demandera à ses représentants au sein du conseil d’administration de la BCVs des précisions sur cette affaire, dans le respect du cadre légal.

 

par Jean-Yves Gabbud