Votations fédérales du 25 novembre: le Conseil fédéral lance sa campagne contre l'initiative pour les vaches à cornes

Le Conseil fédéral a lancé ce mardi sa campagne contre l'initiative pour les vaches à cornes. Il estime que le texte restreindrait la responsabilité individuelle des agriculteurs.

16 oct. 2018, 10:30
le Conseil fédéral a lancé mardi sa campagne contre ce texte, mis en votation le 25 novembre.

L'initiative pour les vaches à cornes restreindrait la responsabilité individuelle des agriculteurs et créerait des incitations perverses. Fort de ces convictions, le Conseil fédéral a lancé mardi sa campagne contre ce texte, mis en votation le 25 novembre.

L’initiative populaire "Pour la dignité des animaux de rente agricoles (initiative pour les vaches à cornes)" vise à faire augmenter de nouveau le nombre des vaches, taureaux reproducteurs, chèvres et boucs reproducteurs adultes portant leurs cornes. Pour y parvenir, les initiants demandent que la Confédération soutienne financièrement les agriculteurs qui détiennent des animaux à cornes.

Or plus un élevage compte d’animaux à cornes, plus le risque d’accidents pour l’homme et les animaux augmente. Une restriction des mouvements des animaux peut alors devenir nécessaire. Cela va à l’encontre de la politique agricole suisse, qui est l'une de celles qui encouragent le plus les formes d’élevage particulièrement respectueuses du bien-être des animaux, argumente le Conseil fédéral.

Pour financer cette nouvelle subvention, il serait nécessaire de couper dans des contributions déjà existantes, car aucun budget supplémentaire ne serait alloué à l’agriculture, ajoute le gouvernement. De plus, une acceptation de l’initiative entraînerait plus de bureaucratie pour les agriculteurs.

En tant qu’entrepreneurs bénéficiant d’une liberté de choix, les agriculteurs doivent pouvoir décider s’ils souhaitent ou non détenir des animaux de rente avec ou sans cornes. La Confédération considère qu’elle n’a pas à restreindre cette liberté en offrant des contributions supplémentaires, écrit l'exécutif.

Pas d'interdiction

Les initiants, emmenés par le paysan Armin Capaul, figure de proue du combat, craignent une disparition des vaches à cornes. Ils insistent sur la dignité de l'animal: il ne s'agit pas d'interdire l'écornage, mais de promouvoir une détention respectueuse des animaux.

Car les cornes sont un organe vivant, qui pousse durant toute la vie. Elles permettent aux animaux de communiquer, de réguler leur température et d'effectuer leurs soins corporels. Les animaux se reconnaissent grâce à elles.

Concernant le financement, la contribution annuelle sera d'au moins 190 francs par vache et 38 francs par chèvres. Il n'en coûterait à la Confédération que 15 millions par an, une somme facilement gérable dans un budget agricole de quelque trois milliards, estiment les initiants.

Dans le premier sondage Tamedia publié vendredi passé, l'initiative rallie 53% d'avis favorables (36% "oui" et 17% "plutôt oui") contre 39% de refus (29% "non" et 10% "plutôt non"), avec 8% de citoyens qui se disent encore indécis.