Vaud veut interdire les affiches sexistes

Le Grand Conseil vaudois veut interdire les affiches publicitaires sexistes sur le domaine public. Il a chargé aujourd'hui le Conseil d'Etat de rédiger une loi en ce sens. Le caractère dégradant de ces publicités sera jugé par une commission d'experts.

21 févr. 2012, 19:00
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La France et la Grande-Bretagne ont institué des organes pour  interdire la publicité sexiste. En Suisse, Vaud sera précurseur dans  ce domaine, a indiqué devant le plenum la conseillère d'Etat  Jacqueline de Quattro.

La motion de la députée écologiste Sandrine Bavaud a obtenu une  large majorité de 82 voix contre 30 et 11 abstentions. Elle été  soutenue par la gauche et le centre, les libéraux ont voté contre,  les groupes radical et UDC étaient divisés.

Cette «proposition puritaine» ne concerne que 177 emplacements  dans le canton, elle n'aura aucun effet sur les images véhiculées  par les médias ou sur Internet, a critiqué l'UDC François Brélaz.  «La sensualité et le glamour font partie de notre société», il est  vain de vouloir l'interdire, a-t-il estimé.

«Comme la cigarette»

«C'est comme la cigarette», a rétorqué Anne Papilloud (A gauche  toute): «on ne peut pas empêcher la consommation privée, mais on  peut éviter les contacts involontaires sur la voie publique».  L'affichage est un moyen publicitaire très puissant, on ne peut y  échapper, a souligné la socialiste Stéphanie Apothéloz.

La publicité sexiste est une forme de violence à l'égard des  femmes, ont affirmé les partisants du texte. Les corps féminins sont  montrés par bouts, les femmes sont dépersonnalisées ou  hypersexualisées, elles deviennent des objets. Interdire les  affiches permet de lutter contre la banalisation du sexisme dans  l'espace public.

Egalité salariale

Les députés ont également adopté deux propositions visant à  promouvoir l'égalité entre les sexes. Les deux textes ont été  approuvés à l'unanimité moins quelques abstentions.

Les compétences de la Commission tripartite seront élargies. En  plus de lutter contre le travail au noir et le dumping salarial, les  25 inspecteurs auront pour mandat de vérifier que les entreprises  qu'ils contrôlent appliquent l'égalité salariale entre hommes et  femmes.

Enfin, les députés veulent relancer le plan cantonal pour  l'égalité qui date de 2004. Malgré quelques progrès, la part des  femmes dans les fonctions dirigentes de l'administration cantonale  est toujours trop faible, a reconnu Mme de Quattro. Le Grand Conseil  a demandé au gouvernement d'intensifier la mise en oeuvre du plan  cantonal.