Vandalisme et mendicité amenés à croître dans les villes suisses

D'après les résultats d'une étude qu'elle a commandée, l'Union des villes suisses s'attend à une montée des actes d'incivilité dans les années à venir. La consommation d'alcool excessive et l'anonymat général en serait des causes.

18 juin 2013, 14:27
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Les villes suisses devront relever ces prochaines années de nombreux défis sécuritaires. Il leur faudra notamment faire face à une augmentation des actes de vandalisme, des menaces envers les fonctionnaires et de la mendicité insistante, selon l'étude "Villes suisses sûres 2025", menée par l'Union des villes suisses (UVS).

Afin de dégager des priorités pour la sécurité, 33 villes-pilotes de Suisse alémanique et romande ont noté les menaces qui leur ont été soumises, selon leur pertinence en 2012 et en 2025. Les résultats montrent que le vandalisme devrait augmenter. Selon les auteurs de l'étude, ce phénomène serait notamment lié à une consommation d'alcool excessive et à l'anonymat général.

Sur ce dernier point, un bon exemple est Lausanne. "Cette ville ne compte que 140'000 habitants mais accueille quotidiennement 150'000 visiteurs et l'anonymat est donc très important durant la journée", a déclaré mardi devant les médias à Berne Morella Frutiger, déléguée à l'observatoire de la sécurité à Lausanne. Cet état de fait peut inciter certaines personnes à des comportements délictueux.

Autre menace qui devrait prendre de l'importance à l'avenir, l'usage de la contrainte - en particulier envers les fonctionnaires et les autorités -, en raison d'une diminution du respect vis-à-vis des personnes officielles et des forces de sécurité observée ces dernières années déjà. Il en va de même de la mendicité insistante, des grossièretés dans les rues et des règlements de compte urbains.

Dépendances

"Mais la sécurité dans les villes va au-delà de la simple sécurité policière", fait remarquer Michael Künzle, maire de Winterthour et membre de l'UVS. "La cohabitation en ville n'est possible que grâce à des infrastructures complexes", une dépendance "qui représente un risque important pour la sécurité publique".

Différentes menaces d'ordre technique gagnent en importance: la situation de dépendance de la population à l'égard d'un approvisionnement électrique constant et d'une infrastructure d'information et de communication se renforce. Or la complexité croissante de ces réseaux et leur maintenance parfois insuffisante augmente leur vulnérabilité et la fréquence des pannes.

Menaces constantes

D'autres dangers, plus ou moins répandus aujourd'hui, promettent de s'amenuiser. C'est le cas de l'escroquerie aux distributeurs bancaires, qui devrait perdre de l'importance notamment du fait de l'utilisation de smartphones pour payer.

Les nouvelles technologies rendant la conduite toujours plus sûre et le trafic automobile se réduisant, la fréquence des accidents de voiture faisant des blessés ou des morts devrait également diminuer. La violence des jeunes dans les écoles et le littering demeurent par contre des menaces constantes, puisque les villes leur ont attribué un niveau de pertinence identique en 2012 et en 2025.

"Les gens sont plus précautionneux avec un environnement entretenu que le contraire", assure Markus Dieth, président de la commune d'agglomération de Wettingen (AR). Pour combattre le littering, il faut "agir dès les débuts" et veiller à l'ordre pour chaque site d'élimination. Une technique qui s'applique à tous les domaines, juge-t-il.

Renforcement policier dans les "points chauds", collaboration entre les différents niveaux de la Confédération, travail social et établissements de conditions juridiques adéquates font partie du catalogue de stratégies proposées par l'enquête. "Plus que des mesures proprement dites, qui peuvent varier selon la taille et la morphologie urbaine, cette étude met à disposition un pool de base pour les villes", note Renate Amstutz, directrice de l'UVS.