Ukraine: mystère autour d'importantes importations suisses d'or russe

Plus de trois tonnes d'or provenant de Russie ont été envoyées en Suisse en mai. L'Association suisse des producteurs et commerçants de métaux précieux (ASFCMP) a affirmé qu'aucun de ses membres "n'était responsable de ces importations".
23 juin 2022, 18:00
Plus de trois tonnes d'or provenant de Russie ont été envoyées en Suisse en mai. (illustration)

Les raffineries de métaux précieux suisses ont cessé d'acheter de l'or russe lorsque la Russie a envahi l'Ukraine en février. Mais une grosse livraison d'or russe est entrée dans le pays le mois dernier.

Plus de trois tonnes d'or provenant de Russie ont été envoyées en Suisse en mai, constituant la première livraison d'une telle ampleur en trois mois, a indiqué l'Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF), confirmant des informations de l'agence Bloomberg.

Série de sanctions

"En mai 2022, environ trois tonnes d'or venant de Russie ont été importées de Grande-Bretagne en Suisse, pour une valeur de 194 millions de francs", a indiqué une porte-parole de l'OFDF dans un courriel à l'AFP.

La Suisse a suivi la décision de l'Union européenne d'imposer une large série de sanctions économiques à la Russie à cause de la guerre qu'elle mène en Ukraine. Cependant, jusqu'à présent, aucune sanction explicite n'a été imposée sur l'achat d'or russe et un tel achat n'est pas illégal.

Agir avec prudence

Les raffineries d'or suisses représentent entre 65 à 70% de la production annuelle des raffineries d'or dans le monde. L'Association suisse des producteurs et commerçants de métaux précieux (ASFCMP), qui représente les raffineries, a affirmé dans un communiqué qu'aucun de ses membres "n'était responsable de ces importations".

"Bien que la législation suisse et les sanctions ne prohibent pas l'importation d'or russe en Suisse, l'ASFCMP tient à répéter que l'or d'origine douteuse n'a pas sa place en Suisse et qu'elle attend de ses membres qu'ils agissent avec prudence et s'abstiennent d'acheter en cas de doute", affirme-t-elle. L'association se dit "convaincue qu'aucune des raffineries suisses n'a accepté cet or".

par Keystone - ATS