Tessin: des autocollants pour indiquer le pourcentage d'employés du cru

La commune tessinoise de Claro vend des étiquettes aux entreprises leur permettant d'indiquer le pourcentage d'employés indigènes travaillant pour elles. Le but: protéger le personnel de la région contre la concurrence étrangère.

03 févr. 2015, 15:28
La commune de Claro propose une technique originale pour protéger l'économie locale.

La commune de Claro (TI) a choisi une voie originale pour protéger le personnel de la région contre la concurrence étrangère. Elle vend des étiquettes que les entreprises peuvent coller à l'entrée de leur établissement indiquant le pourcentage d'employés indigènes qui travaillent pour elles.

Ces étiquettes devraient apporter plus de transparence, a indiqué à l'ats un employé de la commune. Le but est de soutenir l'économie locale, mais sans discriminer les frontaliers. "C'est un symbole".

Une étiquette coûte 10 francs. Les ventes ont débuté vendredi dernier dans cette commune de 2800 âmes. Jusqu'à présent trois établissements, dont un EMS et un cabinet dentaire, ont accepté de jouer le jeu.

Pionnière

Claro, située au nord de Bellinzone à 40 kilomètres de la frontière italienne, est moins exposée que d'autres régions tessinoises à l'arrivée de frontaliers. Elle est malgré tout la première commune à avoir introduit de telles étiquettes.

En octobre dernier, les autorités tessinoises ont même mis en consultation une réforme de la loi, proposant d'exclure, dans la mesure du possible, les candidats étrangers lors d'adjudications de contrats par les pouvoirs publics et de privilégier les firmes indigènes.

Pour des contrats de construction, dont le volume ne dépasse pas les 8,7 millions de francs, les firmes suisses et tessinoises auraient la priorité. Pour les services et livraisons ce plafond s'élèverait à 350'000 francs.

Amendes

L'accès au marché des petites et moyennes entreprises, dont les volumes s'élèvent de 400 à 500 millions de francs par an, serait ainsi assuré, fait valoir le canton.

Si ces nouvelles règles ne devaient pas être appliquées, le Conseil d'Etat prévoit même des sanctions telles que des amendes ou une exclusion de l'attribution de contrats pouvant aller jusqu'à cinq ans.