Taux de chômage inchangé à 3,5% mais l'initiative sur l'immigration aura un impact négatif

Malgré une hausse du nombre de chômeurs le taux est resté stable en janvier avec un taux de 3,5%.

10 févr. 2014, 11:04
Il y a eu soit 4561 de chômeurs en moins au mois de mai.

 Le nombre de chômeurs en Suisse a augmenté en janvier pour le septième mois consécutif, même si le taux de chômage est demeuré inchangé à 3,5%. Le oui du peuple dimanche à une limitation de l'immigration devrait avoir un impact négatif sur le marché du travail.

L'effectif des chômeurs s'est ainsi accru de 3823 en janvier par rapport au mois précédent à 153'260, a indiqué lundi le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO). La dégradation s'explique une nouvelle fois par des facteurs saisonniers, a précisé Yves Flückiger, professeur d'économie à l'Université de Genève.

En comparaison annuelle, le nombre de chômeurs présente une augmentation de 5102, note le SECO. Pour le seul chômage des jeunes, soit les 15-24 ans, il a progressé de 2,8% sur un mois, soit de 552 personnes à 20'533, mais reculé de 3,2% (-674 individus) sur un an.

L'effectif des demandeurs d'emploi, qui, outre les chômeurs, inclut les personnes en formation ou en situation de gain intermédiaire, a quant à lui crû de 2975 en janvier par rapport à décembre pour se fixer à 208'777. Sur un an, la hausse atteint 7001 personnes, en croissance de 3,5%.

Impact négatif du politique

L'acceptation par le peuple de l'initiative de l'UDC "contre l'immigration de masse" devrait changer la donne. "Il y a aura inévitablement un impact négatif sur le marché du travail", relève Yves Flückiger, également directeur de l'Observatoire universitaire de l'emploi. Les effets n'apparaîtront toutefois pas immédiatement.

L'impact négatif se fera sentir en cours d'année, estime le professeur genevois. Le résultat de la votation va créer un "climat néfaste" aux relations économiques, en particulier pour l'établissement de contrats. La nature de la réaction à venir de l'Union européenne sera donc importante au plus haut point.

A court terme, le nombre de chômeurs en Suisse devrait encore croître en février, toujours pour des motifs saisonniers, notamment en raison du ralentissement de l'activité lié à l'hiver dans le secteur de la construction.

Une baisse devrait ensuite apparaître à partir de mars pour se prolonger jusqu'à l'été, note Yves Flückiger. La hausse du nombre des places vacantes annoncée auprès des Offices régionaux de placement (ORP) en janvier (de 2551 à 12'296) permet de susciter les conditions favorables à la résorption de l'effectif des chômeurs.

L'exception jurassienne

Dans le détail, le Jura est le seul canton où le taux de chômage a diminué en janvier par rapport décembre, de 0,1 point à 4,2% de la population active. L'effectif de ses chômeurs a reculé de huit personnes pour s'inscrire à 1513.

Quant à Neuchâtel, avec un coefficient stable à 5,8%, il est resté le canton le plus touché. A fin janvier, il dénombrait 5153 chômeurs, un effectif en progression de 32 sur un mois. Juste derrière, Genève affiche une hausse de 0,1 point à 5,7%, en raison de l'accroissement de 208 de l'effectif des chômeurs à 13'339.

En Valais, le nombre de chômeurs est demeuré stable cette fois, après les fortes augmentations intervenues les mois précédents, notamment en décembre (+1,4 point). Il a ainsi progressé d'une seule personne pour un total de 9003 à la fin du mois passé, avec un taux de chômage inchangé de 5,6%.

Le canton de Vaud a lui subi une dégradation de 0,1 point à 5,4% pendant le mois sous revue. L'effectif des chômeurs s'est accru de 476 pour s'établir à 20'345. Canton affichant le taux le plus bas de Suisse romande, Fribourg a connu une évolution similaire (+0,1 point à 3,4%), pour un nombre de chômeurs en croissance de 124 à 5131.

Hausse du chômage partiel

Berne, canton à minorité francophone, a accusé une hausse de 0,1 point à 2,7% de son taux de chômage, pour un nombre de chômeurs de 14'586 (+325 par rapport décembre). Canton le plus peuplé, Zurich présentait à fin janvier un coefficient stable de 3,5%, pile dans la moyenne nationale.

Enfin, le chômage partiel, à l'instar de l'évolution récente du marché de l'emploi, accuse une détérioration. Sur la base des chiffres de novembre cette fois, il ressort que la situation s'est dégradée aussi bien du point de vue des personnes touchées (+11,8% en un mois) que de celui du nombre des entreprises (+2,7%).