Suisse: plus coopération contre la violence des jeunes

La violence chez les jeunes doit être traitée avec davantage de collaboration entre les services spécialisés et les autorités. Des mesures seront adoptées par le Conseil fédéral l'an prochain.
03 avr. 2014, 10:48
Autorités et services spécialisés devraient davantage coopérer pour lutter contre la violence chez les jeunes. Le Conseil fédéral devrait adopter l'an prochain des mesures pour améliorer la situation.

Autorités et services spécialisés devraient davantage coopérer pour lutter contre la violence chez les jeunes. Le Conseil fédéral devrait adopter l'an prochain des mesures pour améliorer la situation. La protection des données sera l'un des principaux points à régler.

En cas d’échanges d’informations sur un individu, il faut en effet respecter la protection des données et l’obligation de garder le secret. Lors de discussions consacrées à des cas particuliers, seules les institutions ou personnes concernées devraient être présentes, note un rapport publié jeudi par l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS).

Les auteurs recommandent en outre de collaborer avec les autorités chargées de la protection des données ou avec des experts externes. Pour le reste, ils listent, sur la base de douze modèles examinés, les facteurs de réussite d'une collaboration entre autorités et services spécialisés qu'il serait bon de généraliser.

Une coopération bien rodée permet en effet d'intervenir plus rapidement et plus durablement. Enseignants, animateurs, police, services de protection de la jeunesse et justice des mineurs peuvent souvent éviter le pire s'ils interviennent assez tôt, de manière adéquate et surtout coordonnée.

L'exemple de Genève

L'OFAS cite plusieurs exemples. A Genève, l'animation socioculturelle, la police cantonale et le service de la jeunesse de la ville ont ainsi mis en place des échanges réguliers et décident ensemble des mesures concrètes à prendre.

De bons résultats ont été atteints dans le canton de Zurich. L'office de la jeunesse et de l'orientation professionnelle, celui de l'école obligatoire, le service de psychiatrie des enfants et des adolescents et le ministère public des mineurs y coordonnent leurs interventions auprès des familles à risque et des mineurs à problèmes.

A Sarnen (OW) enfin, un modèle de détection précoce a été mis en place dans le milieu scolaire. Les différents acteurs ont fixé une procédure contraignante pour réagir lorsque des enfants présentent des troubles du comportement, et savoir comment et quand associer d'autres autorités et services.

Clarifier les besoins

D'une manière générale, il est nécessaire, selon les auteurs de l'étude, d'établir des bases formelles (mandat, accord) aux modèles de collaboration, même si dans un premier temps une coopération informelle doit subsister. La prévention pourrait être mieux intégrée.

Pour assurer la réussite d'un projet, il faut en clarifier les besoins, les buts, les activités prévues et les groupes cibles ainsi que la répartition des tâches.

Des structures régulières permanentes doivent être mises en place. Des responsables doivent être désignés. Les différents acteurs doivent disposer d'assez de temps pour coopérer et apprendre à bien se connaître entre eux et à se faire confiance. Dans les grandes collectivités, une mise en oeuvre décentralisée est recommandée.

La Confédération examine avec un groupe d'experts les possibilités d'améliorer la situation. Des propositions concrètes seront présentées d'ici à l'été 2015 au Conseil fédéral.