Stagnation du PIB au 2e trimestre en Suisse

Le produit intérieur brut (PIB) est resté inchangé au second trimestre de 2014 par rapport au trois premiers mois de l'année. C'est dire que la Suisse n'a pas enregistré de croissance économique lors de la première demi-année.

02 sept. 2014, 11:58
Le PIB a stagné au 2e trimestre en Suisse. Les impulsions positives apportées par la consommation privée ont été contrecarrées par la contribution négative de la balance commerciale des marchandises et des services.

La croissance économique de la Suisse est au point mort et les signes d'une reprise difficile s'accumulent. Le produit intérieur brut (PIB) réel est resté inchangé au deuxième trimestre, comparé aux trois premiers mois de l'année, contre une hausse de 0,5% précédemment.

En glissement annuel, le PIB n'a augmenté que de 0,6% contre 2,1% au trimestre précédent, a indiqué mardi le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO). Les analystes s'attendaient à mieux. Ils tablaient en moyenne à une hausse entre 0,3% et 0,9% sur un trimestre et de 1,5% à 2,1% sur un an.

Bien qu'au ralenti, la consommation privée a apporté des impulsions positives au PIB. Mais la balance commerciale des biens et services, ainsi que les investissements dans la construction ont contribué négativement à la croissance, commente le SECO dans son communiqué.

Evolution prévisible

Ainsi, les principales branches qui avaient participé à la croissance jusqu'ici ont enregistré un ralentissement. Et les espoirs que le commerce extérieur soutienne le PIB ne se sont pas réalisés, a expliqué Bruno Parnisari, chef du secteur Conjoncture du SECO.

D'autres indicateurs économiques à court terme publiés dernièrement se sont aussi retrouvés vers le bas, a-t-il ajouté. Cette évolution était donc prévisible, constate de son côté l'institut BAKBASEL. Les experts bâlois se voient confirmer par des chiffres officiels ce qui se dessinait ces derniers mois.

Investissements dans la construction en baisse

Dans le détail, au deuxième trimestre, la consommation des ménages privée n'a progressé que de 0,2% sur trois mois. Les dépenses de consommation de l'Etat et des assurances sociales ont connu pour la deuxième fois de suite une évolution négative (-0,3%).

Les investissements en biens d’équipement ont crû de 0,7%, tandis que les investissements dans la construction ont enregistré une baisse de 0,7%. Du côté de la production, l’industrie, le commerce de gros et les services financiers, qui représentent 40% du PIB, n'ont apporté aucune impulsion significative.

Les exportations de l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux ont reculé. A contrario, les exportations de marchandises et celles de produits chimiques et pharmaceutiques se sont révélées positives.

Mesure de l'inflation, le déflateur du PIB n'a pas bougé pour le troisième trimestre consécutif. L'indicateur correspondant de la consommation privée a encore reculé (de 0,2%).

Fragilité de la reprise

"On a parlé dès 2009-2010 d’une reprise qui sera irrégulière et chahutée, qui restera fragile, c’est ce que nous observons", remarque M. Parnisari.

L'évolution de la conjoncture helvétique s'inscrit aussi dans un mouvement généralisé. Les risques géopolitiques ont augmenté dans le monde. La zone euro se trouve en récession, sans oublier que l'économie de l'Allemagne, principal moteur de l'UE, a connu entre avril et juin un brutal coup de frein en reculant de 0,2%.

Les perspectives économiques s'assombrissent, estime l'institut BAKBASEL. Les dernières prévisions conjoncturelles du SECO et de la Banque nationale suisse (BNS) faisaient état d'une croissance de 2% pour l'année 2014, mais elles pourraient ne pas se confirmer.

Déterioration

Dans une interview parue dimanche, le président de la Banque nationale suisse (BNS), Thomas Jordan, a déclaré que "les risques macroéconomiques étaient devenus plus importants au cours des dernières semaines". L'environnement économique s'est "clairement détérioré" pour la Suisse, a-t-il averti.

A la fin du mois, le SECO et l’OFS vont publier des résultats révisés des comptes nationaux et du PIB, selon un nouveau système comptable, à l'instar des autres pays européens. La nouvelle façon de calculer aura de toute façon un effet sur les résultats, a indiqué M. Parnisari. La vision de ralentissement ou de stagnation devrait toutefois se maintenir, selon lui.