St-Prex: le minier brésilien Vale veut investir dans le développement durable

Fidel Blanco, président du conseil d'administration du groupe minier brésilien Vale international SA installé à St-Prex (VD) l'a affirmé ce vendredi: son groupe investit dans le développement durable.
07 août 2015, 14:16
Le groupe brésilien Vale va continuer à investir dans le développement durable, même si ses bénéfices sont en baisse. Il faut planifier à long terme, a assuré jeudi soir à Genève le président du conseil d'administration de Vale International, Fidel Blanco.

Le groupe brésilien Vale va continuer à investir dans le développement durable, même si ses bénéfices sont en baisse. Il faut planifier à long terme, a assuré jeudi soir à Genève le président du conseil d'administration de Vale International SA, Fidel Blanco.

La compagnie minière brésilienne souffre de la baisse des cours du minerai de fer, dont elle est le plus gros producteur mondial. Ses bénéfices ont été en baisse de 19% au premier trimestre à 2,5 milliards de dollars, après une perte de 6,4 milliards au dernier trimestre de 2013.

"Lorsque les marges baissent, ce qui est le cas actuellement, il faut continuer à investir", a déclaré à un groupe de journalistes le président du conseil de Vale International, installé depuis 2006 à St-Prex (VD) avec une équipe de 80 employés.

Interrogé sur les difficultés de la branche, il a mis en cause les capacités de production trop élevées du minerai de fer dans le monde, en particulier à la suite d'investissements de l'Australie. Ils ont coïncidé avec une croissance plus modeste de la demande en acier, provoquée en particulier par le ralentissement constaté en Chine.

Fidel Blanco a en même temps affirmé que Vale peut résister mieux que d'autres concurrents, grâce à des coûts plus bas. "Des entreprises ont actuellement des marges négatives et risquent de disparaître. Il y aura une légère récupération, avec une diminution de l'offre", a-t-il pronostiqué.

Développement durable

Le groupe poursuit ses investissements. Ceux-ci ont totalisé en 2013 14,2 milliards, 12% de moins qu'en 2012.

Sur ce montant, Vale investit 1,3 milliard de dollars par an dans le développement durable, dont 79% en faveur de l'environnement et le reste dans le social.

"L'exploitation minière se planifie dans le long terme. Les mines que nous ouvrirons en 2020 seront encore en fonction en 2050", a fait remarquer Fidel Blanco. "Notre but n'est pas seulement de faire de l'argent. Nous voulons laisser un héritage", a-t-il déclaré.

Vale s'est fixé un objectif de réduction de 5% de ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020, tout en tenant compte d'une augmentation de sa production.

L'utilisation de tapis roulants plutôt que de camions, la mise en service de navires pouvant transporter 400'000 tonnes de fer, le recyclage de 75% des ressources en eau dans le processus de production sont autant de mesures adoptées par Vale pour réduire l'empreinte climatique du groupe, a détaillé Fidel Blanco.

Secteur clef

Gillian Davidson, directrice de la division mines et métaux au Forum économique mondial (WEF), lui a fait écho. Le WEF (dont Vale et membre depuis 2012) a lancé une initiative regroupant 26 entreprises minières pour un développement durable en 2020.

"L'industrie minière est un secteur clef pour un développement durable", a-t-elle souligné. L'industrie extractive a lancé une initiative sur la transparence des flux financiers, adoptée par Vale. Le groupe brésilien a créé l'an dernier un poste d'ombudsman et publié un nouveau code d'éthique et de conduite.

Fidel Blanco a insisté en même temps sur la nécessité de normes uniformes au niveau mondial, car "la prolifération de normes différentes dans chaque pays" compliquerait la tâche.

"Il faut mieux communiquer pour changer l'image de l'industrie minière", a conclu le président du conseil d'administration de Vale International. Vale, troisième entreprise minière au monde après BHP-Billiton et Rio Tinto, a 212'000 employés sous contrat, dont le 75% travaille au Brésil.