Selon les employés de Tamedia, les négociations avec la direction sont un échec

Alors que Tamedia envisage de supprimer 31 postes dans ses titres "24 Heures" et "Tribune de Genève", les représentants du personnel estiment ce vendredi qu'à ce stade, les négociations avec la direction sont un échec. Du côté de l'éditeur, on assure que les discussions restent ouvertes, mais que la situation financière des deux titres est délicate.
14 oct. 2016, 19:08
/ Màj. le 14 oct. 2016 à 21:01
Malgré les protestations des employés, des politiciens et de représentants de l'économie, Tamedia ne semble pas vouloir céder du terrain.

Les négociations avec Tamedia sont un échec, estime Karim Di Matteo, représentant de la Société des collaborateurs de 24 Heures. Toutes les mesures proposées par les représentants du personnel ont été balayées par la direction. Les discussions reprennent lundi.

Les représentants des rédactions de 24 Heures et de la Tribune de Genève étaient vendredi en pourparlers avec la direction de Tamedia Publications Romandes. "La direction générale a balayé la quinzaine de propositions qu'on lui a faites pour tenter de réduire les économies de 4 millions de francs exigées à 24 Heures et à La Tribune de Genève", a dit Karim Di Matteo sur les ondes de LFM, la radio lausannoise vendredi soir.

"La participation solidaire de Tamedia, qui aurait été prise sur les salaires de ses dirigeants", a été écartée par la direction du groupe de presse, peut-on lire dans le communiqué, envoyé par les deux sociétés de rédacteurs. La sollicitation d'aides cantonales à l'investissement pour passer au digital ou une demande de baisses de loyers des locaux payés en majorité à Pierre Lamunière, l'ancien propriétaire de titres, n'ont pas non plus convaincu.

Licenciements maintenus

Le nombre de licenciements prévu n'a pas pu être diminué. "On est extrêmement déçu. Le ton des négociations est extrêmement dur: elles continuent lundi, mais à ce stade, on peut parler d'échec", a poursuivi le représentant du personnel.

Celui-ci aimerait que des représentants de la direction zurichoise viennent s'expliquer devant les rédactions à Lausanne et à Genève. "Nous avons demandé que Pietro Supino, le président du conseil d'administration, fasse le déplacement", a dit à l'ats Karim Di Matteo.

Pour l'heure, c'est Serge Reymond, directeur des départements Publications romandes et Médias Suisse alémanique, qui rencontre les représentants du personnel. Pour les employés, la pilule est d'autant plus amère que ces économies interviennent alors que le groupe Tamedia a réalisé un gain de 334 millions de francs en 2015.

Ouvert à la discussion

"Nous restons ouverts à de futures discussions", a expliqué vendredi soir à l'ats Patrick Matthey, responsable de la communication en Suisse romande de Tamedia. La prochaine séance avec la coordination des rédactions et le syndicat Impressum est fixée lundi.

"Nous examinerons toutes les propositions constructives qui peuvent améliorer la situation économique des deux titres, afin que nous puissions garantir l’indépendance et la pérennité des deux plus importants journaux régionaux de Suisse romande", a relevé le porte-parole.

Pour Tamedia, la situation est claire: les revenus publicitaires ont chuté de 14% depuis le début de l'année. La Tribune de Genève est déficitaire et 24 Heures pourrait l'être l’année prochaine, avance Patrick Matthey.

Le projet, élaboré au cours des derniers mois par les deux rédactions en chef, prend en considération ce développement. Il s’adapte dans le même temps au changement de mode de consommation des lecteurs, souligne-t-il.