Religions: en 8 ans, l’UDC a déposé plus d’interventions sur l’islam que le PDC, le PLR et le PS réunis

Selon une étude fribourgeoise, l’islam est la religion qui compte le plus d’interventions dans les parlements cantonaux. C’est sans surprise l’UDC qui en a déposé le plus dans 15 cantons entre 2010 et 2018, avec 33 interventions contre 21 pour le PDC, le PLR et le PS réunis.

26 juil. 2019, 11:57
Entre 2010 et 2018, 60% des interventions parlementaires cantonaux sur la religion traitent de l'islam. (Illustration)

Dans les parlements cantonaux, l’islam concentre les 60% des interventions touchant à la religion. Et c’est avant tout de l’UDC qu’elles émanent, d’après une récente étude de l’Institut de droit des religions de l’Université de Fribourg.

Une équipe de recherche placée sous la direction du professeur René Pahud de Mortanges a passé au crible près de 140 interventions parlementaires sur des thématiques religieuses déposées entre 2010 et 2018 dans 15 cantons jugés représentatifs. Alors que 81 concernent l’islam, seules 42 s’intéressent à la religion chrétienne et 17 aux autres.

33 contre 21

A elle seule, l’UDC a déposé bien plus d’interventions parlementaires sur l’islam que les trois autres grands partis réunis. Les chercheurs lui en ont compté 33, contre neuf au PDC, alors que le PS et le PLR en dénombrent chacun six, indique vendredi l’Université de Fribourg dans un communiqué.

L’UDC est plus active que les autres pas uniquement sur l’islam, c’est aussi à elle que les parlements cantonaux doivent le plus de débats portant sur le christianisme. L’écart est cependant moins net: 10 interventions de l’UDC contre 7 du PS, 5 du PLR et 3 du PDC.

Le christianisme étant installé en Suisse depuis des siècles, il n’est pas étonnant que l’essentiel des problèmes qu’il peut poser ont déjà été réglés au niveau législatif. Au contraire l’islam, dont le développement en Suisse est plus récent, laisse davantage de questions ouvertes.

Dans le viseur

Rarement les interventions parlementaires sont favorables aux religions. Celles portant sur l’islam reflètent des inquiétudes de plusieurs ordres, ont constaté les chercheurs.

Les questions vont de la cohabitation pacifique aux codes vestimentaires, en passant par le respect de l’ordre établi, le sexisme, la violence, l’homophobie ou le communautarisme. Les prêcheurs de la haine, les risques pour la sûreté et la radicalisation font également partie des thèmes récurrents liés à l’islam.

Quant aux interventions portant sur le christianisme, elles concernent le plus souvent le financement des Eglises et leurs privilèges. Leur place au sein des écoles, notamment via des débats sur le crucifix dans les salles de classe, est également un thème récurrent. Pour les chercheurs, les Eglises affrontent un vent de sécularisation de plus en plus puissant.