Recherche: deux chercheurs bernois primés pour leurs travaux sur la schizophrénie

Deux Bernois, Sebastian Walther et Katharina Stegmayer, ont reçu le prix de la recherche 2018. Leurs travaux constituent une découverte majeure pour la recherche sur la schizophrénie, mais également pour d'autres maladies neurologiques.
08 mars 2018, 16:38
Le Prix de la recherche 2018 de la Ligue suisse pour le cerveau, doté de 20'000 francs, a été attribué à Sebastian Walther et Katharina Stegmayer.

Le Prix de la recherche 2018 de la Ligue suisse pour le cerveau, doté de 20'000 francs, a été attribué au groupe de Sebastian Walther et Katharina Stegmayer, de la Clinique universitaire de psychiatrie et de psychothérapie de Berne. Ils sont récompensés pour leurs travaux sur la schizophrénie.

On sait que les personnes souffrant de schizophrénie ont souvent des difficultés de communication et d'interaction sociale qui affectent aussi la communication non verbale, par exemple la mimique, la tonalité émotionnelle du langage ou les gestes involontaires des bras et des mains qui accompagnent la parole.

Partant de ce fait, les chercheurs bernois ont relevé des troubles de la gestuelle chez la moitié environ de leurs patients. Ils ont pu établir que ces déficits concernaient aussi bien la perception et l'interprétation des gestes que leur exécution, et que les deux composantes étaient corrélées, a indiqué jeudi la Ligue suisse pour le cerveau dans un communiqué.

Cela signifie qu'un patient incapable d'interpréter correctement les gestes des autres est lui-même incapable de les exécuter. Ou, inversement, que celui qui a du mal à exécuter correctement des gestes a également du mal à les interpréter.

Il s'agit d'une découverte majeure pour la recherche sur la schizophrénie, mais également pour d'autres maladies neurologiques dans lesquelles existent des troubles de la gestuelle. Les chercheurs ont aussi constaté que les tests de gestuelle permettaient des pronostics quant à l'évolution de la maladie.

A l'aide de l'imagerie par résonance magnétique (IRM), les scientifiques ont également mis en évidence le réseau cérébral concerné. Ces travaux pourraient ouvrir la voie à des traitements spécifiques. Le Prix sera remis lundi soir à l'Université de Berne dans le cadre de la Semaine du cerveau.