Prostitution d'enfants: témoin d'une situation douteuse?

Un site internet, lancé vendredi, permet de signaler des cas d'exploitation sexuelle d'enfants dans le tourisme. 18 pays participent à l'opération, dont la Suisse.

26 sept. 2014, 14:49
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L'association ECPAT a annoncé vendredi le lancement d'une plate-forme internet européenne réunissant 18 pays, dont la Suisse, et en coopération avec Europol et Interpol, afin de recueillir des signalements de cas d'exploitation sexuelle d'enfants dans le tourisme. Son adresse internet sera la même dans toutes les langues.

"Le site, dont l'adresse est www.reportchildsextourism.eu, existe en anglais depuis deux mois. La version française est lancée ce vendredi et dans la foulée on aura les versions espagnole, russe et allemande", a déclaré Anko Ordonez, chargé de communication pour la France de l'association ECPAT, qui lutte contre l'exploitation sexuelle des enfants.

Le site, présenté vendredi dans le cadre du salon du tourisme IFTM Top Resa à Paris, a été développé avec les polices nationales de 18 pays européens, d'Europol et d'Interpol.

L'objectif de ce dispositif d'une ampleur unique au monde est d'appliquer les lois extraterritoriales et de permettre que les ressortissants des 18 pays puissent être poursuivis en Europe pour des crimes commis loin de chez eux, a expliqué M. Ordonez.

"Un acte civique"

Le témoin français d'une "situation douteuse" lors d'un voyage à l'étranger pourra ainsi la signaler, "puis ces informations iront directement à la police française". Dans le cas d'un témoin anglais, l'information irait à la police britannique, a-t-il souligné.

S'il y a un soupçon de réseau international de prostitution enfantine ou de pédophilie, par exemple, les informations pourront remonter jusqu'à Europol ou Interpol. "Notre espoir est que les gens prennent conscience qu'ils peuvent réagir et ont un outil pour faire face à une situation qui leur semble choquante", a dit M. Ordonez. Le signalement est "un acte civique", plaide ECPAT.

Sur la plate-forme internet, il pourra aussi être anonyme, a précisé M. Ordonez, même si ECPAT recommande de communiquer ses coordonnées pour les besoins éventuels de l'enquête. Chaque année, près de deux millions d'enfants sont victimes d'exploitation sexuelle dans le monde, selon ECPAT.