Photo de famille pour le gouvernement Valls

Le gouvernement français a posé sur le parvis de l'Élysée après un premier Conseil des Ministres depuis le remaniement.
04 avr. 2014, 16:51
Traditionnelle photo des ministres français.

Cinq jours après la débâcle des municipales, le chef de l'Etat français François Hollande a présidé vendredi à l'Elysée le premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement mené par Manuel Valls. Ce dernier a voulu une équipe resserrée, "soudée, capable de répondre aux urgences".

Le Conseil, qui a duré une heure et quart, s'est achevé à 11h15 par la traditionnelle photo de famille dans les jardins du palais présidentiel. "Cohérence, efficacité, rapidité de l'action publique sont les enjeux de cette seconde étape du quinquennat", a rapporté le nouveau porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, à l'issue du Conseil.

M. Le Foll a levé le voile sur la méthode du nouveau Premier ministre. M. Valls va ainsi "mettre en oeuvre tous les 15 jours, le jeudi matin, une réunion de l'ensemble du gouvernement, secrétaires d'Etat compris, qui seront nommés mercredi prochain, pour avoir des débats politiques sur la conduite des affaires". Il devrait y avoir une dizaine de secrétaires d'Etat pour compléter l'équipe de seize ministres.

Le porte-parole du gouvernement a rappelé qu'un vote de confiance interviendrait mardi après-midi à l'Assemblée nationale à l'issue de la déclaration de politique générale de Manuel Valls, qui fixera "enjeux" et "grandes lignes" de son action.

Huit femmes, huit hommes

Les membres du gouvernement - huit femmes et huit hommes - étaient arrivés un à un à 10h00 dans la cour devant un mur de photographes et de caméramans. Une seule exception: Arnaud Montebourg et Michel Sapin, les nouveaux maîtres de Bercy, sont arrivés côte-à-côte pour mieux marquer leur unité alors que, pour de nombreux commentateurs, les ministres de l'Economie et des Finances sont comme l'eau et le feu.

Autour de la grande table du Salon Murat, où se déroulent traditionnellement les Conseils des ministres, Manuel Valls était encadré par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, à sa droite, et Christiane Taubira, à sa gauche. Fidèle à ses habitudes, la ministre de la Justice, reconduite dans ses fonctions, était arrivée en vélo, casquée et escortée de ses gardes du corps.

Retour en fanfare de Royal

Vendredi a débuté, en même temps que l'entrée en action du nouveau gouvernement, le "3e tour" des municipales avec l'élection des maires par les conseils municipaux. Ce scrutin se prolongera jusqu'à dimanche.

A Nantes, ancienne mairie de Jean-Marc Ayrault, la socialiste Johanna Rolland, 34 ans, a été élue par son conseil municipal. Jean-Claude Gaudin (UMP) a été formellement réélu maire de Marseille, pour la quatrième fois depuis 1995.

Le nouveau gouvernement compte seulement deux nouveaux visages: François Rebsamen, ami de longue date du président nommé ministre du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social, mais surtout Ségolène Royal.

Situation totalement inédite, l'ex-candidate à la présidentielle fait son grand retour comme numéro trois du nouveau gouvernement, aux côtés de François Hollande, son ex-compagnon et père de ses quatre enfants. Elle prend la tête d'un grand ministère de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie. Jeudi, elle s'est déjà fait remarquer en prônant une remise à plat de l'écotaxe.

Attention aux Verts

A peine constituée mercredi, la nouvelle équipe a connu un premier "couac" autour de l'attribution du portefeuille du Commerce extérieur, sur lequel lorgnait M. Montebourg. Il reviendra finalement au ministère des Affaires étrangères.

Pour éviter le risque de cacophonie, Manuel Valls a souhaité un gouvernement "soudé", capable de répondre aux urgences". Les arbitrages au niveau de Matignon devront être "restreints et absolument nécessaires après que des discussions aient eu lieu" en amont.

Ce week-end, l'attention devrait de nouveau se tourner vers Europe Ecologie-Les Verts (EELV), qui tient samedi son conseil fédéral après une semaine mouvementée ayant vu le parti quitter la majorité gouvernementale contre l'avis de ses parlementaires.