Pétrole: Weatherford quitte Genève pour installer son siège en Irlande

Le groupe de services pétroliers d'origine américaine Weatherford va transférer son siège social de Genève vers l'Irlande, d'ici à mi-mai 2014.
03 avr. 2014, 11:06
Weatherford va transférer son siège social de Genève vers l'Irlande d'ici à mi-2014. Son action sera retirée de la Bourse suisse SIX.

Weatherford va transférer son siège social de Genève vers l'Irlande d'ici à mi-2014. Son action sera retirée de la Bourse suisse SIX. Le groupe de services pétroliers d'origine américaine a motivé ce départ par le manque de prévisibilité en matière de législation sur la rémunération des dirigeants.

Ce transfert de siège permettra au groupe de répondre aux lois irlandaises, de réduire ses coûts au maximum et d'engager les meilleurs collaborateurs, explique le président et directeur du groupe Bernard J. Duroc-Danner dans un communiqué. Le siège fiscal sera en revanche maintenu en Suisse à Zoug.

Cotée depuis 2010 à la Bourse suisse, l'action du fournisseur de services et de matériel pour l'industrie pétrolière sera retirée. Elle sera également décotée de la Bourse NYSE Euronext, à Paris.

Le titre ne sera ensuite plus que présent à Wall Street, sans gain ni perte pour les actionnaires. Ces derniers devront se prononcer sur cette décision lors d'une assemblée générale extraordinaire en juin.

Pour motiver ce transfert, la direction déplore "de récentes modifications dans la législation suisse (ndlr: initiative Minder), qui limitent la capacité de Weatherford" de retenir et d'attirer des talents et directeurs exécutifs clés. Le groupe explique le choix de l'Irlande par l'absence de possibilité de référendum sur l'île, considéré comme un facteur d'imprévisibilité de d'instabilité pour le cadre légal et réglementaire en Suisse.

L'interdiction de certains types de rémunération pour les directeurs ainsi que le droit de vote des actionnaires sur ce sujet sont considérés comme des obstacles à la marche des affaires de l'entreprise sur le long terme.

Régime fiscal stable

A l'inverse des conditions politiques et législatives, le groupe reste convaincu que le cadre fiscal suisse constitue la meilleure option pour son imposition. "La Suisse dispose d'un régime fiscal stable, développé et concurrentiel, avec lequel la direction de Weatherford est familière", explique le communiqué.

Cela permet en outre aux actionnaires de ne pas être soumis à l'imposition du dividende. Les choix de l'Irlande et du Royaume-Uni ont été écartés, mais la direction continue d'évaluer en permanence la pertinence de la résidence fiscale.

La direction assure avoir reçu du fisc fédéral comme de celui du canton de Zoug la confirmation que l'opération ne sera pas soumise à imposition. Il en ira de même avec les autorités fiscales américaines et irlandaises.

Le transfert du siège social ne devrait avoir aucun impact sur le plan opérationnel pas plus que sur les capacités de financement du groupe. La direction effective sera maintenue en Suisse pour éviter de passer sur l'autorité du fisc irlandais. L'activité opérationnelle est menée depuis Houston (USA).

Amendé par la Bourse suisse

Weatherford a écopé à la mi-mars d'une amende de 250'000 francs de la Commission des sanctions de la Bourse suisse. Cette dernière avait constaté une erreur comptable dans les comptes annuels 2011 du groupe. La charge fiscale avait été évaluée de façon erronée et le résultat annuel avait été surévalué de 20% à 278 millions de dollars.

La multinationale, qui emploie 67'000 personnes dans le monde, a réduit sa perte l'année dernière. Elle s'est montée à 345 millions de dollars (307 millions de francs), contre 778 millions en 2012. Rien qu'au 4e trimestre 2013, la perte nette s'est toutefois élevée à 271 millions de dollars, contre 122 millions une année auparavant.

Lors des trois derniers mois de 2013, le chiffre d'affaires s'est contracté de 7,9% à 3,7 milliards de dollars. A l'occasion de la publication de ses résultats annuels à mi-février, le groupe a précisé qu'il était en bonne voie de concrétiser son programme de désengagement, qui prévoit notamment 7000 suppressions de postes.