Pas de nouvelle grève pour les cadres supérieurs de l'administration cantonale genevoise

Le conflit entre fonctionnaires genevois et le Conseil d’Etat pourrait prendre à nouveau la forme d'une grève. L’assemblée générale du personnel de la fonction publique et du secteur subventionné doit en décider ce mercredi soir. L’Union des Cadres de l’Administration cantonale s'est déjà positionnée en refusant un nouvel appel à la grève pour les cadres supérieurs.

25 nov. 2015, 16:02
Les cadres de l'administration cantonale genevoise n'appelleront pas à une nouvelle grève.

Le conflit opposant les fonctionnaires genevois et le Conseil d’Etat devrait rebondir ce mercredi soir avec la tenue de l’assemblée générale du personnel de la fonction publique et du secteur subventionné. L’Union des Cadres de l’Administration cantonale a reçu, comme les autres partenaires représentant le personnel, une réponse écrite à ses différentes demandes et sa position est claire : il n’y aura pas de nouvel appel à la grève pour les cadres supérieurs. Interview avec Véronique Bigio, vice-présidente de l’UCA.

Que pensez-vous de la réponse du Conseil d’Etat à vos demandes?

Nous venons de recevoir une réponse écrite à nos demandes signée du Conseil d’Etat. Cette réponse ne répond que partiellement à nos attentes, mais notre association a toujours privilégié l’ouverture au dialogue et ce courrier va dans le bon sens. Celui de responsabiliser les employés et les cadres dans la recherche d’éventuelles poches d’abondance qui pourraient être percées pour économiser de l’argent et éviter des suppressions de postes sans distinction. Il y a dans l’administration du canton des postes à double, des prestations qui se recoupent, des grosses dépenses dans l’utilisation de solutions externalisées et coûteuses dans des domaines comme l’informatique ou les bâtiments, mais il y aussi des secteurs qu’il faut protéger comme le social, l’éducation ou la santé. Mauro Poggia au sein de son département social et Anne Emery-Torracinta du département de l’instruction publique ont déjà informé leurs cadres que toutes les bonnes idées de la part de leurs fonctionnaires étaient les bienvenues pour réaliser des économies.

Le fait de toucher aux 40 heures et d’ajouter du temps de travail à des employés de certains secteurs (la santé par exemple) déjà débordés vous paraît toujours une mauvaise idée?    

Il y a dans le domaine social, des personnes qui verraient leur charge de travail déjà excessive, exploser, ce n’est pas raisonnable. Il faut bien sûr prendre en considération les besoins de chaque secteur. Les HUG paraissent sous-dotés par exemple. Il faut absolument protéger le secteur de la santé. Réduire les charges de 5% de manière linéaire n’est pas approprié. Le Conseil d’Etat s’est aussi dit prêt à explorer des moyens d’obtenir de nouvelles sources de revenus.

Allez-vous faire appel à une nouvelle grève dans ces prochaines heures?

Non, car nous avons reçu des signes positifs de la part du Conseil d’Etat. Leur démarche d’écoute de nos idées va dans le bon sens, c’est pour cela que nous n’appellerons pas à une nouvelle grève. Pendant deux jours, la vie des Genevois a été impactée. On a envoyé un signe extrêmement fort. Je pense qu’il faut maintenant passer à une nouvelle étape, celle de la construction.  Nous allons soutenir la campagne contre le renforcement du frein à l’endettement ou le «Personal Stop » car ce n’est pas un bon projet. Si une secrétaire part à la retraite, on peut certainement ne pas remplacer un poste s’il y en a quatorze autres à côté mais sur un emploi d’expert-comptable, ça n’est pas possible. Et puis l’Etat, gros pourvoyeur d’emplois ne pourrait plus embaucher de jeunes sans-emploi. Nous avons un souci de prestation au public et des indicateurs nous montrent que le canton de Genève souffre actuellement. Il faut maintenir l’emploi des jeunes, l’insertion et redonner confiance aux Genevois. 

par David Glaser