Pakistan: l'armée bombarde une zone rebelle après l'attaque de Karachi

Après la prise d'assaut meurtrière de l'aéroport de Karachi dans la nuit de dimanche à lundi par des talibans, l'armée pakistanaise a réplique mardi en bombardant une zone rebelle du nord-ouest, tuant au moins 15 "terroristes", selon les militaires.

10 juin 2014, 09:21
Troops of Pakistani paramilitary forces carry a coffin of their colleague who died during an operation against late Sunday's attack by gunmen who stormed the Jinnah International Airport, during his funeral in Karachi, Pakistan, Monday, June 9, 2014. The Pakistani Taliban on Monday claimed responsibility for a brazen five-hour assault on the country's busiest airport that saw gunmen disguised as police guards storm the international terminal in Karachi, set off explosions and killing over a dozen of people. (AP Photo/Fareed Khan)

Les avions de l'armée pakistanaise ont bombardé mardi matin une zone rebelle du nord-ouest, tuant au moins 15 "terroristes", selon les militaires. Lundi, des insurgés talibans avaient mené une sanglante et spectaculaire attaque de l'aéroport de Karachi.

L'armée ajoute avoir détruit "neuf repaires de terroristes" grâce à ces frappes menées dans la vallée de Tirah, dans la zone tribale de Khyber. Le bilan indiqué dans le communiqué ne pouvait être confirmé de source indépendante.

La pression s'est accrue sur les autorités pakistanaises depuis qu'un commando taliban lourdement armé a pris d'assaut l'aéroport de Karachi mené dans la nuit de dimanche à lundi. L'attaque a fait 20 morts, en plus des dix assaillants.

L'assaut a été revendiqué par le Mouvement des talibans du Pakistan (TTP), principal groupe rebelle islamiste du pays et proche d'Al-Qaïda. Ses innombrables attaques contre le gouvernement ont fait plus de 6000 morts depuis 2007.

Echec de la stratégie d'apaisement

Selon plusieurs analystes, l'attaque illustre l'échec de la stratégie d'apaisement du gouvernement du premier ministre pakistanais. Nawaz Sharif a proposé ces derniers mois au TTP d'ouvrir des négociations de paix.

Elle relance aussi les appels d'une partie de la société civile à ne pas faire de concessions au TTP et à lancer une offensive militaire d'ampleur dans les bastions du TTP, notamment la zone tribale du Waziristan du Nord, pour neutraliser le groupe rebelle.

L'armée s'y est jusqu'ici refusée. Elle a préféré répondre à aux attaques rebelles par des bombardements ciblés dans les zones tribales, comme cela a de nouveau été le cas mardi matin. Islamabad craint des attentats de représailles, mais aussi parce que la zone est stratégique en raison de son influence dans l'Afghanistan voisin.