Ouïghours: 23’000 signatures pour renégocier l’Accord de libre-échange Suisse-Chine

Des produits chinois pourraient venir en Suisse du travail forcé de la minorité ouïghoure. Pour empêcher notamment cela, un texte intitulé #nocomplicity et signé par 23’000 personnes a été déposé lundi à Berne.

07 sept. 2020, 12:59
La pétition a été déposée lundi à Berne.

Munie de 23’000 signatures, une pétition demande au Conseil fédéral de renégocier l’Accord de libre-échange avec la Chine. Objectif: s’assurer que les produits arrivant en Suisse ne soient pas issus du travail forcé.

 

 

Le texte de l’Association Ouïghours Suisse, Campax et la Société pour les peuples menacés, déposé lundi à Berne, demande notamment au Conseil fédéral l’ajout dans l’Accord de libre-échange de «clauses contraignantes relatives au respect des droits humains» et «des mécanismes de contrôle solides». Autre réclamation: que «les conflits en matière d’emploi et de travail soient portés devant un tribunal arbitral», précise le communiqué.

 

Les pétitionnaires se sont réunis lundi sur la Place fédérale à Berne. (KEYSTONE/Anthony Anex)

 

Les trois organisations s’appuient sur la situation des Ouïghours, minorité turcophone et musulmane de la province chinoise du Turkestan oriental (Xinjiang), dans le nord-ouest du pays, pour dénoncer cet accord entré en vigueur en 2014. Ce dernier «n’offre aucune garantie que les produits qui parviennent sur le marché suisse ne soient pas issus du travail forcé», déplorent-elles.

Selon les chiffres avancés par les pétitionnaires, au moins un million d’Ouïghours sont retenus dans des camps d’internement. Des dizaines de milliers d’entre eux sont en outre forcés à travailler dans des usines «pour le compte de fournisseurs de grandes marques internationales», soulignent-ils.